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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Montand Signoret. Un amour indestructible.

Yves Montand (Ivo Livi ) est né le 13 octobre 1921 à Monsummano Terme en Italie et il est mort le 9 novembre 1991 à Senlis en France.

Simone Signoret (Simone Kaminker) est une actrice et écrivaine française, née le 25 mars 1921 à Wiesbaden en Allemagne et elle est morte le 30 septembre 1985 à Autheuil-Authouillet en France.

En 1943, Simone Signoret rencontre le réalisateur Yves Allégret. Le 16 avril 1946 naît leur fille Catherine Allégret, et ils se marient en 1948.

Sa carrière de comédienne est lancée en 1946 avec Macadam, pour lequel elle obtient l'année suivante le prix Suzanne-Bianchetti de la révélation. Allégret offre à Simone Signoret ses premiers rôles importants, notamment dans Dédée d'Anvers en 1948 et Manèges, sorti en 1950.

Ivo Livi, l’immigré italien dont la famille a fui le fascisme, se remet tout juste de l’orageuse liaison vécue avec Édith Piaf. C’est elle qui lui a véritablement mis le pied à l’étrier… avant de rompre, parce qu’il commençait à lui faire un peu trop d’ombre : Piaf était comme cela.

 

Au premier regard , à "la Colombe D'or" à Saint-Paul de Vence en aout 1949 ,c'est «le coup de foudre» pour ces deux-là. Littéralement folle d’amour, Simone quitte son mari Yves Allégret du jour au lendemain et, sa fille sous le bras, part vivre avec Montand : le voyage va durer 35 ans.

Simone Signoret et Yves Allégret possédaient une maison sur la montée de la Castre, à côté de la mairie où l'actrice allait épouser... Yves Montand. Ils se sont connus à La Colombe un jour d'été 1949.

Montand a décrit l'instant : Simone, pieds nus, « habillée en style gitane ». « J'entre dans le jeu, prétendument désinvolte, où les regards hésitent à se croiser, où pointe le trouble qui s'installe à la naissance d'on ne sait quoi. »

Ils se marient le 22 décembre 1951

En 1954, Signoret et Montand achètent une propriété à Autheuil-Authouillet, en Normandie.

Cette demeure devint par la suite un haut lieu pour des rencontres artistiques et intellectuelles. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Luis Buñuel, Jorge Semprún, y séjournent régulièrement.

De sa maison d’Autheuil "Le Château Blanc " où elle est décédée, Simone Signoret disait : « C’est en 1954 que Montand l’a achetée. »

En 1956, ils jouent ensemble pour la première fois dans un film de Yannick Bellon, Un matin comme les autres, court métrage sur le problème de l'insalubrité des logements en banlieue.

Le couple milite en faveur de ses idées de gauche et est bientôt catalogué « compagnon de route » du Parti communiste français .

En 1957, Yves Montand, accompagné de Simone Signoret, entreprend une tournée triomphale dans tous les pays du bloc de l'Est. Cependant ils en reviennent profondément désabusés sur la réalité concrète des pays du « socialisme réel » et prennent dès lors leurs distances avec le parti, sans renier toutefois leurs convictions politiques.

Le couple Signoret-Montand sera de tous les combats de l’intelligentsia de gauche : contre l’arme nucléaire, la chasse aux sorcières aux États-Unis, pour l’indépendance de l’Algérie…

Après avoir tourné en Angleterre Les Chemins de la haute ville sous la direction de Jack Clayton, Simone Signoret part aux États-Unis avec Yves Montand en 1959.

Miller vient d'épouser Marilyn Monroe .

Le couple fréquente l'écrivain Arthur Miller, dont ils ont créé, dans la mise en scène de Raymond Rouleau, la version française des Sorcières de Salem en 1954 à Paris, portée à l'écran deux ans plus tard.

Marilyn Monroe, impose Yves Montand dans le film Le Milliardaire qu'elle s'apprête à tourner avec George Cukor

Marilyn et Montand tournent à Hollywood le film de George Cukor. Bientôt, ils sont bien plus l'un pour l'autre que des partenaires de cinéma… Leur brève liaison alimente la presse, brise le couple Miller-Monroe, alors que Simone Signoret donne le change face à la presse à scandale. Et le couple Montand /Signoret tient le coup malgré les écarts de Montand .

"La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était"

De l'épisode Marilyn Monroe, Signoret expose largement mais avec énormément de pudeur, la relation à quatre qui s'est nouée à Los Angeles entre elle, Montand, Miller et Monroe. Elle comprend, elle explique pourquoi les choses se sont passées ainsi... et elle raconte, elle raconte la vraie Marilyn, sa copine fragile avec qui elle fait les 400 coups, avec qui elle a une relation de confiance - amusant de lire comment la comédienne "se met en Marilyn" dès qu'elle sait qu'elle sera en public - elle raconte la fragilité de la femme, les doutes de l'actrice... et Signoret de revenir sur la disparition de sa compagne Hollywoodienne à l'occasion, en 1962, d'une campagne contre les signataires du manifeste des 121 (contre la torture en Algérie) dont elle est.

Mais c'était quand même le temps des lettres tristes, bêtes à mourir et anonymes. Elles étaient à la fois pornographiques, scatologiques et patriotiques. Elles disaient généralement que mon mari avait bien eu raison de me préférer une blonde si fraîche.

Que je retourne donc chez les Arabes dont les aptitudes amoureuses sont bien connues. On ajoutait souvent aussi que c'était bien fait pour le juif Miller. (...) [Marilyn Monroe] n'aura jamais su combien je ne l'ai jamais détestée, et comme j'avais bien compris cette histoire qui ne regardait que nous quatre et dont le monde entier s'est occupé dans un temps troublé où il se passait pourtant des choses plus importantes."

« Si Marilyn est amoureuse de mon mari, c'est la preuve qu'elle a bon goût », avait à l’époque ironisé Simone Signoret. Mais le sex-symbol américain n’est jamais parvenu a remplacer la Française dans le cœur d’Yves Montand. À ce moment, Simone a vraiment cru qu’elle était en train de perdre Montand. Et, même s’il est finalement revenu vers elle, la fêlure ne s’est jamais refermée, dans son cœur saignant de femme ardente. Plus tard, se voulant belle joueuse, elle répondra à ceux qui osent aborder ce sujet pénible : «Vous en connaissez beaucoup des hommes qui auraient résisté à Marilyn?» Le panache est là, mais le mal est fait.

Brutalement, celle qui est devenue la plus grande actrice française, la première à avoir été «oscarisée» à Hollywood, a pris conscience des ravages du temps, devant quoi les hommes et les femmes n’ont jamais été égaux. Très lucidement, Simone le dira à sa manière : «J’ai dix ans de plus que Montand, puisque nous avons le même âge, et que je suis une femme…»

"La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était" =

Ce qui frappe dans ce récit d'une vie plus que riche, c'est surtout sa relation avec Montand. Entre eux, c'est l'amour fort et l'amour passion. Pour lui, Simone Signoret devient la groupie, l'aimante, elle accepte ou plutôt décide de devenir "Madame Montand", "la femme de... "Les gens ont dit que je sacrifiais ma carrière... Je ne sacrifiais rien du tout. J'étais simplement assez maligne pour ne pas sacrifier ma vie, et j'ai été assez maligne pour ne pas laisser échapper les bons films quand on m'en proposait".

Etonnant couple, soudé, uni, engagé, où aucun des partenaires ne fait d'ombre à l'autre, où chacun comprend l'autre, où les séparations géographiques sont autant d'occasion de vivre son isolement comme une réinvention du couple. La plume de Signoret nous explique, nous détaille, nous fait totalement comprendre la nature d'un amour qui est, malgré tout, indestructible, comment elle a cessé de tourner pendant des mois pour suivre Montant dans les pays de l'est.

Amoureuse comme une adolescente, Simone le restera jusqu’à la fin. Sa passion pour Montand est à la fois ardente et immuable, incapable de faiblir ni même de changer de nature à mesure que les deux époux vieillissent. Simone le répétera souvent, et avec une sorte de fierté ravie : «Je suis la première groupie de Montand!» Et, «groupie», il faut que tout le monde le soit, autour du couple

Serge Reggiani dira des années plus tard, expliquant en termes voilés que, si l’on voulait avoir le plaisir de fréquenter Simone Signoret, sa partenaire de Casque d’or, il fallait aussi se «farcir» Yves Montand : toute personne qui se risquait à émettre devant elle la moindre réserve au sujet de l’idole était implacablement chassée par Simone du cercle des intimes.

Simone Signoret "La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était"

<<Ce ne sont pas mes souvenirs qui ne m’appartiennent pas, c’est ma vie ! Je considère qu’on n’est fait que par les autres, et à partir du moment où on se raconte, on raconte les autres. Même les options qu’on peut prendre dans la vie sont toujours dues à quelqu’un d’autre, à une rencontre ou au fait qu’on veut être à la hauteur de l’opinion de quelques-uns. Pas beaucoup, en fait. Je sais très bien que ce que j’appelle « ma conscience », c’est le regard de cinq ou six personnes. Pas nécessairement des gens que je vois souvent. Des gens qui ne savent pas du tout qu’ils sont ma conscience. Moi, je sais qu’ils me surveillent. Dans mon esprit, ce sont des hommes. C’est très curieux : je ne vois pas tellement de regards de femmes posés sur moi. Mais pas nécessairement non plus des hommes avec qui j’ai eu des histoires d’amour.

Un jour Montand dira de Simone Signoret << Il était plus facile de tomber amoureux de casque d'Or (le rôle de prostituée dans le film de Jacques Becker en 1952) que d'aimer madame Rosa >> (le rôle de Madame Rosa était celui de l'ex prostituée juive de Belleville dans "la vie devant soi" de Moshé Mizrahi en 1977).

En ce qui concerne les aventures de Montand "quel homme résisterait à Marilyn ?"(Brigitte Bardot jeune ou autre sexe symbole ) , si vous en connaissez un dites le moi ,c'est comme dire non à un Oscar ou à un bon gros gâteau (dixit Bernadette Chirac pour les aventures de son mari). Cela ne veut pas dire qu'un homme n'aime plus sa femme ,cela veut juste dire qu'il n'a pas résisté à la tentation .(inutile de préciser que cela est valable dans les deux sens et qu'une femme aussi a besoin de trophée ).

Alors Simone Signoret, qui était une femme intelligente, l'a bien compris , elle ne pouvait rien faire en face d'une telle tentation .....rien ..parfois c'est juste que la beauté est telle que l'on ne peut que comprendre ...et accepter. Parce que Yves Montand aimait Simone et que Marilyn était un trophée (dixit Montand). et qu'il y en aura d'autres après elle .Voilà ...mais le mal est fait et la blessure est douloureuse...l'alcool endort un peu tout ça ..mais l'amitié, sentiment qui soude les vrais couples, résistera à toutes les tempêtes, Montand ne l'a jamais abandonné.

D'autre part, nous le savons tous, certaines relations ne sont que sexuelles et que, si elles ne le sont pas, il faut choisir et Montand a toujours choisi Signoret.

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