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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Lormaye. La Coudraie, la Kommandantur et la triste histoire de la famille Lévy.

La première à m'en parler...

Ce fut Denise Gresteau, dite Danny...

L'épouse de Maurice Gresteau.

Qui a bossé à la Poste de Nogent-le-Roi...

Et que j'avais jointe pour l'Affaire Seznec et la Piste de Lormaye.

En août 2003.

Alors qu'elle vivait à La Guadeloupe.

"Quand on a acheté pour construire notre maison, on a acheté un dixième d'un hectare qui appartenait à Madame Lévy. Le château qui était juste dans le virage qui avait été modifié. Puisqu'elle aussi, sa propriété avait été coupée en deux."

"Madame Lévy. Son mari a été déporté en 1942. Et mon mari a travaillé pour elle quand il travaillait chez Martin, chez son grand-père Georges et son oncle Louis."

Elle m'a aussi raconté comment ils ont construit leur maison avec 52 tonnes (?) de granit rose de Ploumanach.

Lire :

La piste de Lormaye : Ce que vous cherchez à droite est à gauche

Maison qui appartient désormais à Roger et Bernadette Marie.

Au 45, rue Alexandre Goislard :

La deuxième à m'en parler...

Ce fut Solange Speiser en septembre 2014 :

"J'allais à l'école. La Kommandantur était sur la place à côté de l'école. Les Allemands s'étaient aménagés une baignade sur l'Eure juste derrière l'école."

Lire : 

Quand Solange était cachée à Lormaye

Puis...

Pour la constitution du dossier Jouvelin des Justes...

Ce furent nos trois témoins : Pierre Fourbet de Lormaye, Pierre Polvé et Louis Vergnon, de Nogent-le-Roi.

Qui se souvenaient très très bien de La Coudraie en Kommandantur.

en août 2015.

La Coudraie. Lormaye. 68, rue du Chemin Neuf.

........................................................................

Voilà donc la triste histoire des Lévy de Lormaye

(in Bulletin municipal de Lormaye, 1991).

 

"Monsieur et Madame Lévy et leurs enfants, propriétaire de La Coudraie, étaient partis en Bretagne au moment de l'invasion de la France, en juin 1940.

Le courrier ne circulant plus, ils ne recevaient aucunes nouvelles de la gardienne de la propriété.

Inquiets, ils décidèrent de revenir et débarquèrent à Lormaye, un jour de début juillet 1940.

Ils entrèrent directement dans leur propriété où était installée une Kommandantur. Naturellement, et malgré leurs protestations, ils furent refoulés par les Allemands.

Ne sachant que faire, ils vinrent trouver mes parents qui n'étaient pas partis en Exode et qui leur offrirent l'hospitalité, à eux, à leur fille aînée (mariée à un catholique et pratiquante), à leur belle-fille et à la plus jeune de leurs filles, alors âgée de 8 ans environ.

Au milieu de la nuit, vers deux heures du matin, on sonne très fort à la porte du jardin. Mon père ouvre. Un officier allemand escorté de six hommes pénètrent de force dans la maison et ordonnent à mon père de les conduire à M. Lévy. L'officier et deux soldats montent à l'étage tandis que les quatre autres gardent toutes les issues de la maison. Peu de temps après, ils redescendent avec M. Lévy et l'emmènent.

Le lendemain, Mme Lévy et sa fille sont allées à la Kommandantur pour avoir des nouvelles et savoir la raison de cette arrestation. La réponse qui leur est faite est la suivante : "Nous l'avons emmené au château mais il s'est évadé. S'il est repris, c'est la peine de mort !"

On leur a conseillé de retourner à Paris avec un laissez-passer qu'on leur a donné. Ce qu'elles ont fait.

Quelques jours plus tard, une semaine environ, on a trouvé le corps de M. Lévy dans la rivière, à Maintenon, près d'un pont. Il avait, paraît-il, été tué d'une balle dans la tête.

Plus tard, Mme Lévy a pu passer en zone libre avec sa plus jeune fille et séjourner dans les Cévennes jusqu'à la fin de la guerre.

Le deuxième fils, Pierre, étudiant en médecine, qui avait été mobilisé, a été déporté à Auschwitz pour une raison que j'ignore. Il y serait mort du typhus.

Plusieurs membres de cette famille ont été également déportés et ne sont jamais revenus.

F.V.

A noter que la tombe de M. Lévy, au cimetière de Nogent-le-Roi, porte l'inscription : "Chevalier de la Légion d'Honneur. Assassiné par les Allemands le 7 juillet 1940. Mort pour la France."

 

Les forces d'occupation allemandes en Eure-et-Loir début 1944 :

 

Pour en savoir plus sur l'histoire de La Coudraie...

Lire le blog de Roger Tempête :

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