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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Les lycéens, le traitre et les nazis de David André.

C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le monde claque des dents.
Georges Bernanos, 1938

Ils étaient des centaines de jeunes. Leurs parents ignoraient leur engagement secret contre le nazisme et dans la Résistance. Ce film redonne vie à l’épopée d’un vaste réseau de lycéens résistants de la Seconde Guerre mondiale qui furent trahis par l’un des leurs.

On se souvient tous du 6 juin 1944 comme étant le débarquement de Normandie.  Mais dans les jours qui suivent, plus d’une centaine de lycéens parisiens quittent la capitale, par petits groupes. Ils filent vers le Sud pour aller combattre les Allemands. L’aviation anglaise doit leur parachuter des armes dans les forêts de Sologne...

 

Regroupés dans une organisation appelée le Corps Franc Liberté, ils font partie des plus jeunes résistants que la France ait connus. Dans les greniers, dans les caves des lycées, ils se sont entraînés et ont été finalement intégrés aux Forces Françaises de l’Intérieur.

Extrêmement prudents, ils ignoraient pourtant une chose : un lycéen de leur réseau informait la Gestapo depuis plusieurs années. Pourquoi a-t-il trahi ? Etait-il le seul ? Le 10 juin 1944, il est trop tard pour se poser ces questions.

41 lycéens sont massacrés ce matin-là : les parents découvriront bientôt leurs corps et 15 périront en déportation. Des dizaines d’autres encore se cacheront dans les bois et repartiront combattre.

Cette tragédie eut lieu le même jour que 
le massacre d’Oradour-sur-Glane qui semble l’avoir éclipsée dans nos mémoires.

 

Et pourtant, grâce aux témoignages de trois survivants et à de nombreuses archives, l’épopée de ces lycéens résistants peut être aujourd’hui raconté. Elle rend hommage au courage et à l’engagement de ces jeunes lycéens que les livres d’histoire ont oubliés.

David André, réalisateur, nous explique :

 

« C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le monde claque des dents. »

Georges Bernanos, 1938

Quand j’ai découvert l’épopée de ce réseau de lycéens Résistants de la Seconde Guerre Mondiale, je n’ai pu m’empêcher de penser que cette phrase avait été écrite pour eux. Désirant leur redonner vie à travers un documentaire, je me suis heurté d’emblée à une difficulté : si le matériau d’archives écrites était bouleversant (le récit d’un miraculé, les confessions d’un traître, des lettres d’adieux, quelques récits d’après-guerre), les images étaient peu nombreuses et éparses.

J’ai donc pris le parti d’incarner à l’écran ces lycéens du passé à travers des visages de jeunes comédiens, lisant pudiquement leurs textes face à la caméra. J’ai aussi conçu de nombreuses scènes d’évocation, en tout point fidèles à leurs récits.

 

Mais une chose m’importait plus que tout : que ce dispositif non-dialogué accompagne avec pudeur leurs textes, nous en fasse percevoir la fragilité, la fièvre, la poésie parfois.

J’ai pu mettre en œuvre cette démarche grâce au talent des jeunes comédiens choisis par Laurence Côte, comédienne, parmi ses élèves 
du Cours Florent, grâce aussi à l’équipe qui m’a entouré pour les costumes, la décoration et bien sûr le mouvement des deux caméras portées qui courent derrière les comédiens, le montage qui tricote les souvenirs des lycéens et convoquent des archives.

J’espère qu’elle permet de ressentir l’engagement extraordinaire de cette jeunesse, son courage et sa clairvoyance devant l’Histoire.

 

Film à voir en entier sur Salto...

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