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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Chaudon. Juillet 1996. Blés d'or pour les Lahaye.

Je crois en toi, maître de la nature
Semant partout la vie et la fécondité
Dieu tout-puissant qui fis la créature
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !
Credo du paysan.

Deux raisons pour vous parler des Lahaye....

Primo...

Marcel Lahaye, qui appartenait aussi au Syndicat d'Initiative, et, qui n'aimait guère notre maire Jean-Jacques Guet...

A été un grand soutien pour moi quand, en mars 1997, j'ai claqué la porte du conseil municipal.

C'était le carré des Cathos en Grande Rue.

Les Kapfer au 2, les Lahaye au 6 et les Gresteau au 10.

Ces trois familles qui ont été si précieuses pour notre église de Chaudon.

Secundo...

Même si je travaillais pour L'Action Républicaine, en cet été 1996...

J'appliquais strictement la règle de mon idole journalistique Françoise Giroud : toujours mettre un peu d'amour dans chaque article. 

Alors, pensez donc, avec un sujet comme des noces d'or chaudonnaises !

J'avais, de plus, réussi à obtenir de Madeleine sa photo de mariage.

Où elle était, disons-le, ravissante.

Et puis, il faut bien le dire, ces noces d'or m'émouvaient, moi qui n'avait jamais dépassé les noces de cristal.

..................................

Chaudon

Blés d'or pour les Lahaye

Les deux premiers mois de l'été, c'est bien connu, sont les mois de prédilection pour convoler en justes noces. Après mairie et église, on enchaîne sur de grandes vacances amoureuses. Samedi soir, à Chaudon, si l'église était pleine et les bancs décorés, la mariée, elle, n'était pas en blanc. Elle remettait sagement ses petits pas dans ceux du souvenir. Celui d'un beau jour de début juillet 1946. Où jeune fille Lefevre, elle avait épousé Marcel Lahaye de Vaubrun.

1946... Fin du conflit mondial. Madeleine habite pendant la guerre avec ses parents en banlieue parisienne. Le ravitaillement se fait rare. Et les grands-parents sont nogentais. Alors, Madeleine, sans bicyclette bleue, débarque dans le canton. Marcel, lui, a pu rester à la ferme de Vaubrun. Des Lahaye, dans les livres de fabrique (ancêtres des comptes-rendus des conseils paroissiaux), on en retrouve à la pelle. Depuis le début du XVIIe siècle. Croisée de destins, Marcel et Madeleine se rencontrent en 1943. Et si chaque vie est un roman, celui-ci est connu de tous les Chaudonnais. Quatre enfants. Dont un seul sera cultivateur, Francis à Gironville. Cinq petites filles qui, émues, ont offert chacune leur poème à la fin de la messe. Une messe chaleureuse. Où les copines de chorale de Madeleine n'avaient pas ménagé leurs efforts pour fêter l'une des leurs. Avec un "Je crois en Dieu" peu banal, le Credo du paysan "Je crois en Toi, Maître de la Nature". Que de nombreux anciens pouvaient encore chanter à capella.

La traditionnelle bénédiction des mains "Seigneur, vois ces mains unies / qu'au jour du mariage tu as bénies / mains qui caressent et qui bercent / en signe de ta tendresse / mains du travail et de l'amitié / qui nous disent ta générosité".

Avec, déclamée avec ferveur par Mme Jouan-Unal, le "Chant d'amour" de Muguette Bigot : "Oui, j'aime mon village et cet amour m'inonde..." Jolie façon du Syndicat d'Initiative de rendre hommage à l'un de ses membres les plus actifs.

Et puis, malgré l'été tardif, les bouchons de champagne et les canapés ont réuni famille, villageois, amis. Autour d'un buffet croulant de fleurs. Dont l'un des bouquets, gracieuse composition d'Yvette Chapet, résumait ce demi-siècle de vie "Les blés, je les ai peints en or, car Marcel était cultivateur, les clochettes aussi, ce sont celles de l'église où ils vont si souvent, les marguerites blanches, l'amour voyons, et un peu plus bas, un peu plus sombres, les soucis, ceux qu'ils ont eus." Car une vie sans soucis serait-elle vraiment une vie ?

Liliane Langellier

 

 

Le Credo du paysan (Gustave Goublier)

"L'immensité, les cieux, les monts, la plaine,
L'astre du jour qui répand sa chaleur,
Les sapins verts dont la montagne est pleine
Sont ton ouvrage, ô divin créateur !
Humble mortel devant l'œuvre sublime
A l'horizon quand le soleil descend
Ma faible voix s'élève de l'abîme
Monte vers toi, vers toi Dieu tout-puissant

 

Je crois en toi, maître de la nature
Semant partout la vie et la fécondité
Dieu tout-puissant qui fis la créature
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !

Dans les sillons creusés par la charrue

Quand vient le temps je jette à large main
Le pur froment qui pousse en herbe drue
L'épi bientôt va sortir de ce grain.
Et si parfois la grêle ou la tempête
Sur ma moisson s'abat comme un fléau
Contre le ciel loin de lever la tête
Le front courbé, j'implore le Très Haut !


Je crois en toi, maître de la nature
Semant partout la vie et la fécondité
Dieu tout-puissant qui fis la créature
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !


Mon dur labeur fait sortir de la terre
De quoi nourrir ma femme et mes enfants
Mieux qu'un palais j'adore ma chaumière
A ses splendeurs je préfère mes champs

Et le dimanche au repas de famille
Lorsque le soir vient tous nous réunir
Entre mes fils, et ma femme et ma fille
Le cœur content j'espère en l'avenir

Je crois en toi, maître de la nature
Semant partout la vie et la fécondité
Dieu tout-puissant qui fis la créature
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !
Je crois en ta grandeur, je crois en ta bonté !


Si les horreurs d'une terrible guerre
Venaient encor fondre sur le pays
Sans hésiter, là-bas, vers la frontière
Je partirais de suite avec mes fils.
S'il le fallait je donnerais ma vie
Pour protéger, pour venger le drapeau
Et fièrement tombant pour la patrie

Je redirais, aux portes du tombeau !
 

Je crois en toi, maître de la nature
Toi, dont le nom divin remplit l'immensité
Dieu tout-puissant qui fis la créature
Je crois, je crois en toi comme à la Liberté ! {bis}"

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