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Chez Jeannette Fleurs

“Je m'intéresse à tout, je n'y peux rien.” Paul Valéry. Poussez la porte de la boutique : plus de 2.300 articles.

L'incontournable film de Noël... "Love actually" de Richard Curtis....

La première comédie romantique réalisée par le Britannique Richard Curtis

L'article du 2 décembre 2003 de Samuel Blumenfeld du Monde :

Le cinéma britannique sort du placard. Alors qu'il traverse la plus mauvaise passe de son histoire, il repose en partie sur une seule maison de production, Working Title, responsable des seuls succès commerciaux du cinéma d'outre-Manche ces dix dernières années. Parmi eux, Coup de foudre à Notting HillQuatre mariages et un enterrement, et Le Journal de Bridget Jones, tous écrits par Richard Curtis. Love Actually marque son passage, attendu, derrière la caméra. Il réalise une comédie ample et ambitieuse, sur le modèle de Short Cuts de Robert Altman, où plusieurs destins amoureux s'entrecroisent sur le thème du désir inassouvi. Dont celui du premier ministre britannique célibataire, interprété par Hugh Grant, énamouré d'une de ses collaboratrices.

La formule de Richard Curtis, depuis Quatre mariages et un enterrement, repose sur une galerie de rôles secondaires, toujours remarquablement écrits (quand les comédies américaines ne se préoccupent, aujourd'hui, que des deux ou trois rôles principaux), à chaque fois situés dans un quartier spécifique de Londres ce qui donne à la capitale l'allure d'un village à la Lubitsch. Ces qualités sont une fois de plus présentes dans Love Actually.

MAÎTRISE DE L'ÉCRITURE

Richard Curtis met à contribution une vingtaine de personnages, dont un écrivain angoissé pris d'un coup de foudre pour sa femme de ménage portugaise, un publicitaire amoureux de la femme de son meilleur ami, le chef d'une maison d'édition troublé par les avances d'une de ses secrétaires. Mais aussi, un gamin prêt à tout pour prouver son amour à une de ses camarades d'école, une rock star effectuant un retour surprenant avec une chanson ringarde qui fait le bonheur de son fidèle manager. Une galerie de portraits qui avance la thèse simple d'un amour ciment des relations humaines.

Le scénariste dispose d'une maîtrise suffisante de son écriture - le garçon qui fait une déclaration d'amour à l'aide de panneaux publicitaires ou l'écrivain qui apprend le portugais pour pouvoir faire une demande de mariage en bonne et due forme se révèlent de formidables idées de comédies - et d'acteurs talentueux (Keira Knightley, Liam Neeson, Emma Thompson et Colin Firth sont impeccables) pour mener à bien son premier film.

Love Actually possède un arrière-plan idéologique, absent des autres comédies de Richard Curtis, qui lui fait dépasser son simple statut de comédie de fin d'année. Ainsi lorsque le premier ministre britannique rencontre un président des Etats-Unis obsédé sexuel et unilatéraliste, mélange hybride de Bill Clinton et George W. Bush, il se lance, à l'occasion d'une conférence de presse, dans une diatribe en faveur des vertus oubliées de son pays, déterminé à ne pas se laisser marcher sur les pieds par son allié américain.

Love Actually s'inscrit dans le contexte d'une population britannique en conflit avec la politique étrangère de Tony Blair, et désireuse d'exprimer sa différence culturelle en prenant ses distances avec les Etats-Unis. Rien que pour cela, Love Actually marque une date dans l'histoire récente du cinéma britannique.

 

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