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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Joyce Carol Oates : «Ana de Armas est réellement devenue Marilyn»...

Comment est né ce projet de film ?
Il y a quelques années, Andrew Dominik, qui est un metteur en scène très réputé, m’a envoyé un scénario adapté de mon livre Blonde, paru en 2000. Je l’ai lu et j’ai tout de suite été très impressionnée par son travail. Mon roman est très long et d’une structure narrative complexe mais il avait réussi à y rester fidèle en se concentrant sur certaines périodes significatives de la vie de Marilyn Monroe. En même temps, il a trouvé le moyen de créer une œuvre à part entière qui appartient à son propre univers. Seuls les grands metteurs en scène peuvent réussir cela.

Avez-vous vu la version définitive du film ?
Non, seulement une version provisoire, il y a quelques mois. Je l’ai visionnée chez moi, toute seule pour des raisons d’embargo, et j’ai été extrêmement émue. A plusieurs reprises, j’ai été obligée d’arrêter et d’aller faire un tour avant de continuer.
Andrew a si bien dirigé Ana de Armas qu’elle est réellement devenue Marilyn. Je n’aurais jamais pensé qu’un metteur en scène homme puisse aussi bien s’immerger dans un cerveau féminin.

Est-ce que vous lui avez suggéré des changements ?
Oh, nous avons parlé au téléphone pendant une heure à peu près. Je ne sais pas s’il a tenu compte de mes remarques. C’est son choix et je le respecte, c'est un artiste.

« Marilyn avait une vision très romantique et probablement illusoire de l’amour »

Dans votre livre, les hommes n’ont vraiment pas le beau rôle. La façon dont ils traitent Marilyn est souvent ignoble…
Pas tous ! Dans la vie, elle avait un magnifique agent qui d’ailleurs voulait l’épouser. Elle avait aussi un bon ami en la personne de Joe DiMaggio, son deuxième mari, le joueur de baseball. Il lui a d’ailleurs été fidèle jusqu’à sa mort, il l’a aidée financièrement car curieusement elle n’a pas gagné tant d’argent que cela. Mais Marilyn, qui avait été si mal aimée par sa mère et qui ne connaissait pas son père, était difficile à aimer. Elle avait une vision très romantique et probablement illusoire de l’amour. Beaucoup d’hommes ont été attirés par elle avant de reculer, effrayés par ses énormes besoins affectifs impossibles à combler.

Tout de même, dans quelques scènes particulièrement réalistes et crues de votre livre, on voit que le président John F. Kennedy la considérait comme un objet sexuel…
La façon dont il se comportait n’avait rien de particulièrement rare, en particulier à Washington DC. Comme beaucoup d’hommes de pouvoir, celui que j’appelle dans mon livre « le Président » était un « womanizer ». Toute femme qui l’approchait devait être disponible pour lui.
Ce qui me surprend plus,  c’est que soixante ans plus tard les choses aient si peu changé !  J’aurais pensé que de nos jours les actrices étaient mieux protégées par leurs agents et par leur éducation. Mais quand on voit l’affaire Weinstein, on se dit que c’est presque pire qu’autrefois.

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