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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

9 Août 1969. Le jour où l'actrice Sharon Tate, l'épouse de Polanski, est assassinée...

Le gourou Charles Manson ordonne à ses adeptes de droguer et de tuer tous les occupants de la villa appartenant au réalisateur polonais.

Le vendredi 8 août 1969, le metteur en scène Roman Polanski téléphone à son épouse, l'actrice Sharon Tate, pour lui expliquer qu'il doit rester encore quelques jours à Londres, retenu par la préparation de son prochain film. Déprimée par cette nouvelle, car elle est sur le point d'accoucher, Sharon invite deux de ses amies à partager, le lendemain, son déjeuner à sa villa du 10050 Cielo Drive, à Los Angeles.

Dans l'après-midi, elle reçoit un coup de fil de ses soeurs, Debra et Patti, qui lui proposent de passer la nuit avec elle. Elle refuse gentiment, sans savoir qu'elle vient de leur sauver la vie. En fait, ce soir-là, elle a déjà prévu d'inviter à dîner dans son restaurant favori, El Coyote, son ex-fiancé le coiffeur Jay Sebring et un couple d'amis, Wojciech Frykowski et Abigail Folger, qui logent à la villa pour prendre soin de Sharon en l'ébsence de Roman. Le dîner est agréable et après celui-ci, Sharon et ses amis retournent chez elle.

Commando meurtrier

Sharon et Jay discutent, Wojciech sommeille sur le canapé du salon, tandis que son amie est partie lire dans leur chambre. C'est une soirée calme, agréable, chaleureuse. Mais le cauchemar est déjà en route. Dans l'allée de la propriété, une voiture quitte la dépendance habitée par le gardien pour se diriger vers le portail. Au volant, in jeune étudiant de 18 ans nommé Steve Parent. Il part après une brève visite à William Garretson, qui occupe le logement du gardien de la villa. Ce soir-là, le jeune homme aurait mieux fait d'aller au drive-in avec sa copine. Dans quelques secondes, il sera la première victime d'une folle nuit meurtrière. En effet, en descendant l'allée, il aperçoit des ombres franchir la clôture qui protège la propriété. L'une d'elles se précipite devant sa voiture en le menaçant d'un flingue. Steven freine, tremble de peur, promet de ne rien dire. Peine perdue, l'homme qui le menace tente de le poignarder. Le jeune étudiant essaye de se protéger avec les mains avant d'être abattu de quatre balles qui lui perforent la poitrine et le ventre.

Le commando meurtrier est composé de Charles Tex Watson, 23 ans, et de trois jeunes femmes : Susan Atkins, Linda Kasabian et Patricia Krenwinkel. Ils prétendent former une "famille" dont le patriarche est un homme de 34 ans, nommé Charles Manson qui ne fait pas partie du commando. C'est un repris de justice recyclé dans la mouvance hippie se prétendant à la fois musicien et routard. Il affirme également être le Christ réincarné. En tout cas, il crée une communauté hippie rassemblant des paumés vivant de vols et de trafic de drogue. La "famille" squatte un ranch en ruine dans la Vallée de la Mort où elle carbure au LSD et à toutes les substances sur lesquelles elle met la main. Manson nourrit ses délires en écoutant les Beatles, dont les chansons, croit-il, annoncent la prise de pouvoir des Noirs. Il est persuadé qu'une fois tous les Blancs massacrés, les Blacks viendront le supplier d'être leur maître à penser. Pour déclencher le grand soir, Manson charge sa "famille" d'opérer un massacre spectaculaire. Il ordonne d'aller tuer tous les habitants de la villa du 10050 Cielo Drive, qu'il croit encore habitée par un certain Melcher, fils de Doris Day, avec qui il a eu des démêlés.

Une cinquantaine de coups de couteau et six balles 

Une fois l'étudiant Steven Parent abattu, les assaillants s'approchent de la villa. Watson s'introduit par une fenêtre du salon tandis que Atkins et Krenwinkel attendant devant la porte d'entrée. Kasabian reste dans le jardin pour monter la garde. Le bruit réveille Frykowski endormi sur le canapé. A peine se redresse-t-il qu'un grand coup de tatane dans la gueule lui fait comprendre qu'il a affaire à un visiteur soupe au lait. Il lui demande ce qu'il fout là. Watson répond : "Je suis le diable, et je suis ici pour faire le boulot d'un diable." Il ouvre ensuite la porte à Atkins et à Krenwinkel, qui rassemblent les trois autres occupants de la villa dans le salon. La grande scène d'horreur peut commencer. Watson attache Sharon et Jay ensemble, par le cou. Comme ce dernier proteste contre le traitement infligé à une femme enceinte, il est promptement flingué par Watson, qui, décidément, n'aime pas qu'on le contrarie. Pour faire bonne mesure, il poignarde le coiffeur à sept reprises. Et de deux !

Frykowski parvient à se libérer de la serviette utilisée pour lui lier les mains, bouscule Atkins et s'enfuit par la porte. Il n' pas le temps d'aller bien loin, Watson le rejoint sous le porche où il le frappe à plusieurs reprises avec son revolver, puis l'abat de deux balles. Et de trois ! En entendant le raffut, Kasabian délaisse son poste d'observation dans le jardin pour se précipiter dans la villa. Epouvantée par le massacre, elle prétend que quelqu'un arrive pour y mettre fin. Peine perdue. Krenwinkel poursuit Folger qui s'est échappée de la maison pour la poignarder à son tour. Watson qui commence franchement à s'amuser, lui file un coup de main. La pauvre femme est percée de vingt-huit trous. Et de quatre ! Frykowski, qui a le culot de ne pas être encore tout à fait mort, est de nouveau poignardé.

Atkins déclarera : "Ils ne ressemblaient même plus à des êtres vivants... Je ne voyais plus autrement Sharon Tate que comme un mannequin... (Elle) produisait des sons, juste comme une machine IBM... Elle n'arrêtait pas de supplier, de plaider et de plaider et de supplier, et je devenais malade de l'entendre, aussi, je l'ai poignardée." Bien entendu, Watson lui file un coup de main. Au total, Sharon reçoit seize coups de couteau en hurlant : "Maman, maman..." Et de cinq, sic ! 

Signe démoniaque

Les quatre démons ont achevé leur mission. Avant de décamper, Susan Atkins saisit la serviette qui avait servi à lier les mains de Frykowski, la trempe dans le sang de Sharon pour tracer le mot PIG sur la porte d'entrée. C'est Manson qui leur avait demandé de laisser un signe démoniaque sur place. Il y a pourtant un homme qui échappe à leur folie. C'est Garretson, dont le logement est invisible depuis la villa. Le lendemain, il dira aux flics prévenus du carnage par la gouvernante n'avoir rien vu, rien entendu. Le détecteur de mensonge confirme ses dires. Mais quelques décennies plus tard, il avouera avoir assisté à une partie de la série meurtrière. Terrorisé, il aurait fait le mort... Ce premier massacre s'étant révélé être un succès complet, Charles Manson décide une nouvelle expédition. Cette fois-ci, il veut en être. La "famille" s'entasse à bord d'une Ford blanche pour choisir une nouvelle cible. La voilà dans le quartier Los Feliz de Los Angeles. Manson hésite avant de porter son choix sur une belle villa blanche, dont les deux occupants, Leno et son épouse Rosemary La Bianca sont assassinés sauvagement.

Dans un premier temps, les enquêteurs ne font pas le lien entre les deux meurtres. Des quartiers différents, pas le même milieu : ils pensent que la tuerie chez les Polanski est liée à une affaire de drogue. Mais la vérité finit par jaillir de la bouche de Susan Atkins, quand, mise en prison pour une autre affaire, elle se vante de son rôle dans la tuerie auprès de compagnes de cellule. Ses vantardises parviennent aux oreilles des flics, qui l'interrogent. Elle tente de négocier une peine légère en échange de ses révélations, mais, finalement, c'est Kasabian, qui n'a pas directement participé aux meurtres qui passe un accord avec la justice. En décembre 1969, la bande est mise sous les verrous. Manson, Krenwinkel, Atkins, Watson et Van Houten (pour le meurtre des LaBianca) sont condamnés à mort. Mais le diable est de leur côté, car, à cette époque, l'Etat de Californie a banni la peine capitale. Aujourd'hui, quarante trois ans après les faits, Charles Manson et sa "famille" croupissent toujours en prison, sauf Atkins, "évadée" avec l'aide d'un cancer du cerveau.

Frédéric Lewino et Caroline Dos Santos.

In.................

 

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