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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

"Maigret" de Patrice Leconte : un Gérard Depardieu "remarquablement simenonien" selon Le Masque...

Après plusieurs dizaines d'adaptations au cinéma, le commissaire Maigret reprend du service dans le nouveau film porté par Patrice Leconte. Le célèbre personnage de roman policier, mondialement connu, est cette fois incarné par un Gérard Depardieu dont le style honore le héros de Georges Simenon.

Le film présenté par Jérôme Garcin

Patrice Leconte qui adapte pour la deuxième fois Georges Simenon après "Monsieur Hire" (1989) avec Gérard Depardieu dans le rôle de Maigret. 

Une nuit dans une rue de Paris, une jeune femme est retrouvée morte, le corps lardé de coups de couteau. Le spectateur l'a vue vivante juste avant le crime, elle apparaissait très fantomatique dans une robe blanche, au seuil d'une pièce où on fêtait des fiançailles. Le commissaire Maigret qui ne fume plus la pipe, qui ne boit plus, qui broie du noir, mène l'enquête et se soucie moins de confondre le coupable que d'identifier la victime qui lui rappelle sa propre fille disparue, très jeune elle aussi. La lumière très expressionniste est signée Yves Angelo. 

Le film m'a semblé davantage errer dans un Paris nocturne de Modiano, avec un Depardieu dont la mâchoire est très mélancolique. Un film où apparaît pour la dernière fois le grand comédien André Wilms, mort le 9 février 2022.

 

Xavier Leherpeur salue "un très beau film" 

Le journaliste de la revue 7ème Obsession salue une formidable adaptation du célèbre héros crée par Georges Simenon. Le commissaire Maigret est l'un des personnages de roman policier francophone les plus mondialement connus tant il a été adapté (plus de 70 fois au cinéma, et plus de 300 films à la télévision). Sceptique, à l'idée que le film soit porté par Patrice Leconte avec, à l'affiche, Gérard Depardieu, le producteur de l'émission Une Heure en Séries a trouvé que c'était au final une vraie réussite : 

XL : "J'y allais avec des semelles de plomb parce que, depuis une dizaine d'années, on avait un peu tiré un trait sur la carrière de ce cinéaste qu'est Patrice Leconte et Gérard Depardieu m'intéresse de moins en moins. 

Mais alors qu'un court-métrage de 1h26, ça sentait le film coupé et que beaucoup d'indicateurs avaient viré au rouge, je trouve que c'est une vraie réussite au final ! 

Il a complètement compris le personnage de Maigret, la prose de Simenon qui est factuelle.

La psychologie ne vient pas de voix intérieures, mais elle vient vraiment de l'observation de Maigret, de sa manière de regarder la reconstitution de Paris qui aurait pu être muséale et que je trouve extrêmement bien choisie pour exprimer la lutte des classes à la sortie de la guerre, ou encore le monde du cinéma. 

C'est très beau film, au cordeau, remarquablement simenonien, qui ne tombe dans aucun des pièges et qui réussit vraiment à réinventer le personnage.

Pierre Murat applaudit "une très bonne surprise" 

Le critique de Télérama est conquis par le Maigret de Depardieu qui, selon lui, s'inspire du même personnage interprété par Harry Baur en 1933. Il reprend même à son compte une citation de Simenon lui-même, qui évoquait le style dont devaient s'emparer les acteurs qui incarnaient le commissaire :

Il ne faut pas qu'il ait l'air intelligent. Il n'est pas intelligent, mais intuitif. Il est bovin, un peu pachydermique, un homme très ordinaire, d'une culture moyenne, mais il renifle les gens (cit)

PM : "Depardieu a une qualité absolument formidable sur laquelle Maigret repose et que, au cinéma, on ne l'avait pas souvent vu comme ça : il sait écouter. Il n'y avait qu'un seul Maigret pour moi, qui remonte à loin, c'est celui interprété par le comédien Harry Baur, dans un film de Julien Duvivier ("La tête d'un homme", 1933) où toute la mise en scène était portée sur l'acteur qui écoutait le coupable en se donnant des airs de complice pour mieux le tromper. C'est ce que j'ai retrouvé dans ce film et je m'en réjouis".

Charlotte Lipinska "touchée" par l'interprétation de Depardieu" 

"Voici un Maigret à la fois introspectif et crépusculaire" selon la critique cinéma de Vogue qui estime que la grande réussite du film tient à travers le regard de Maigret : "le film s'intéresse vraiment au parcours de la victime, cette femme qui n'est pas qu'un prétexte à une enquête. Le film nous dit beaucoup sur la condition de ces jeunes filles qui montaient à Paris dans l'espoir d'avoir une vie meilleure, mais qui se retrouvent dans des situations précaires et difficiles. 

Il y a aussi ce petit plaisir de l'enquête vintage et nostalgique, sans technologie, sans traces numériques, seulement du porte-à-porte. 

Le regard de Depardieu qui observe les gens, sonde les individus, est bien plus fort que la mise en scène des faits matériels ou des indices. C'est extrêmement touchant. Ce film est presque comme un documentaire sur Depardieu. 

Il y a une part d'innocence, de naïveté, dans le regard de Depardieu que je trouve extrêmement touchante 

 

Jean-Marc Lalanne regrette "un Depardieu crépusculaire et un film dévitalisé."

Si le journaliste des Inrockuptibles admet que le film rappelle à quel point Gérard Depardieu est un immense acteur, il n'en reste pas moins ici, selon lui, totalement absent, éteint et moribond : "s'il y a chez Leconte une volonté de faire de Depardieu un justicier crépusculaire, le film lui-même semble extrêmement fatigué…"

C'est filmé de manière poussive et paresseuse. Le film semble dévitalisé au dernier degré.

 

A louer sur Orange pour 4,99 €.

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