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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

"Citizen Kane", le film qui a révolutionné le cinéma...

C'est encore un sondage Twitter qui est à l'origine de cet article...

Pour moi...

Le plus grand film sur la presse et ses journalistes est encore et toujours "Citizen Kane" d'Orson Welles.

J'ai eu le grand privilège, l'été 1986, de visiter Hearst Castle à San Simeon (Californie).

Entre mer et montagne...

La vie de William Randolph Hearst s'étendait là, sous mes yeux ébahis...

Mais, revenons à notre film...

Sorti en 1941 et premier long métrage d'Orson Welles alors âgé de 26 ans, "Citizen Kane" deviendra l'un des plus grands films de tous les temps.

Le mystère "Rosebud"

Dans un style flamboyant et totalement inédit, Orson Welles s'approprie la vie du magnat de la presse W. R. Hearst pour construire une épopée sidérante...

Citizen Kane

Etats-Unis, N., 1941

CLASSÉ "plus grand film de tous les temps" dans la plupart des palmarès, Citizen Kane est pourtant le premier film d'Orson Welles. Réalisé pour la RKO, qui le recrute en 1939, après que son canular radiophonique sur l'invasion de la Terre par les Martiens eut fait de lui l'homme le plus désiré d'Hollywood, son film constitua une puissante déflagration dans le cinéma de son temps.

Inspiré de la vie du magnat de la presse William Randolf Hearst, Citizen Kane s'ouvre sur une transgression, celle de la caméra qui, malgré le panneau d'interdiction d'entrer qui barre la grille du fabuleux domaine de Xanadu, en franchit le seuil pour capturer le dernier souffle de son propriétaire, Charles Foster Kanes. En quittant le monde des vivants, cet homme au destin hors du commun, dont l'ascension fulgurante n'eut d'égale que le fracas de sa chute, prononce le mot "Rosebud". Mystérieux pour tous, la quête du sens de ce mot va servir d'alibi à un journaliste désireux de percer le secret du magnat, et de fil d'Ariane à la construction d'un éblouissant kaléidoscope.

Dans un style flamboyant, totalement inédit, Citizen Kane recompose la vie de son personnage à partir d'un faisceau de témoignages, souvent divergents, et de flashs-backs incessants, qui dynamitent les structures du récit classique et portent un coup fatal à l'idée d'objectivité. Toute-puissante est la subjectivité, toute-puissante est la caméra qui l'incarne, "l'oeil dans la tête du poète", comme l'appelle Welles. Celle-ci explore au grand angle les profondeurs du champ, magnifie l'action par d'extraordinaires contre-plongées, mais l'écrase sous le poids des plafonds, dilate le temps, puis l'accélère... Jamais légende ne fut investie d'une telle puissance. Jamais pourtant elle n'a été à ce point malmenée.

Portrait de W. R. Hearst, personnalité hors norme, et de son époque, cette épopée sidérante dans laquelle Welles est déjà au sommet de son art est aussi largement autobiographique. La peinture de l'enfance de Charles en particulier, arraché à sa mère quand il avait 8 ans, est profondément inspirée de la sienne, comme l'est le lien viscéral et secret, scellé pour l'éternité dans le mystère de "Rosebud", qui relie le grand Kane à cette première partie de sa vie. N'est-ce pas Welles qui, découvrant les studios de la RKO, s'est exclamé : "Voilà bien le plus beau train électrique qu'un garçon puisse rêver !"

P.S. Le journaliste qui a entrepris de reconstituer la vie de Charles Foster Kane ne saura jamais la signification de ce mot : à la fin du film, il finit par abandonner ses recherches sans en avoir percé le secret. Mais celui-ci se trouve révélé au spectateur dans les toutes dernières minutes de l’histoire, avant de partir en fumée : « Rosebud » était le nom inscrit sur  la luge avec laquelle, enfant, Charles Foster Kane aimait à jouer. La fin de l’histoire nous ramène à son début, tout en nous découvrant la part d’enfance et d’innocence enfouie au fond du personnage et demeurée intacte.

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