Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

“Drôle” : Fanny Herrero signe (enfin !) la première bonne série française de Netflix...

“Drôle” : Fanny Herrero signe (enfin !) la première bonne série française de Netflix...

La création de la showrunneuse de “Dix pour cent”, centrée sur quatre jeunes apprentis stand-uppeurs dans la jungle des comedy clubs parisienne, parvient d’emblée à semer ce qui fait l’âme des séries vouées à durer : un attachement profond à ses héros. À voir sur Netflix, dès le 18 mars.

On a failli attendre. En six ans d’existence hexagonale, Netflix nous avait découragés par bien trop de navets (Marseille, Plan cœur, La Révolution) et de tentatives ratées (Osmosis, Lupin, Family Business), pendant que les autres productions européennes de la plateforme creusaient l’écart, avec les pépites Sex Education en Angleterre, Dark en Allemagne ou Sexify en Pologne… Enfin une naissance made in France à fêter avec Drôle ! Sans esbroufe, placée sous le signe d’une apparente simplicité formelle, la création de la showrunneuse Fanny Herrero (sur laquelle la plateforme a eu l’intelligence de mettre le grappin) parvient d’emblée à semer ce qui fait l’âme des séries vouées à durer : un attachement profond à ses héros, Nézir, Aïssatou, Apolline et Bling, quatre jeunes stand-uppeurs en quête de succès.

Dans Dix pour cent déjà, la scénariste avait fait preuve de son talent pour fabriquer des bandes qu’on a envie d’intégrer et affiché son goût pour les héros au boulot… Cette fois, le quatuor a en commun la quête de singularité dans l’écriture, chacun cherchant sa voix, pour mieux se faire entendre du public d’un comedy club parisien. Leurs points de vue sur la société, les contextes socio-culturels qui participent à les définir, dans toutes leurs différences (Nézir bataille pour trouver un moyen de payer le loyer de l’appartement qu’il partage avec son père en banlieue, Apolline vit dans l’hôtel particulier de sa mère), aussi bien qu’à travers leurs névroses personnelles, nourrissent les textes qu’ils portent sur scène.

Avec une vivacité portée par l’élan de la jeunesse, Drôle brosse le portrait d’apprentis auteurs-comédiens qui se confrontent à leur propre histoire, pour en tirer leurs meilleures vannes. Et s’enthousiame pour une société française riche de ses différences, qui n’a pas besoin de se convaincre du bien-fondé d’un « vivre-ensemble » qu’elle vit déjà… Sur un air de comédie teintée d’un optimisme à la Capra, ces six épisodes, qui filent à la vitesse de ces jours aiguillonnée par le désir féroce d’y arriver, assument leur foi dans le pouvoir des métaphores collectives et dans la force d’un rire qui relie les uns aux autres.

Chez Fanny Herrero, l’idéal n’est ni un vilain défaut, ni un prétexte à ripoliner l’existence. La comédie romantique peut se réinventer par la grâce d’une héroïne dont la beauté laisse loin derrière elle les injonctions contemporaines et sur laquelle on cristallise à mort (Apolline, jouée par Elsa Guedj) ; les amitiés homme-femme résonnent aussi fort que des histoires d’amour ; et… les culpabilités héritées, les traumatismes enfouis, les stratégies de défense viciées peuvent tout mettre par terre. On imagine déjà une suite capable de porter haut cette complexité qui point, avec une justesse aiguisée, au détour de l’humour.

On est sous le charme des quatre comédiens principaux de « Drôles », la nouvelle série sur le monde du stand-up signée Fanny Herrero (« Dix pour cent »). Voici ce que l’on sait de ces révélations.

 

Loin de « Dix pour cent » et ses agents de stars, la showrunneuse Fanny Herrero s’attache, avec sa nouvelle série "Drôle (disponible sur Netflix,  à nous brosser les portraits de quatre humoristes aussi drôles qu’attachants. Pour les incarner à l’écran, un quatuor d’acteurs méconnus du grand public : Younès Boucif, Mariama Gueye, Jean Siuen et Elsa Guedj. Tous sont vraiment excellents ! Présentations.

YOUNÈS BOUCIF, ALIAS « NEZIR »

Originaire de Mont-Saint-Aignan, commune située près de Rouen, en Seine-Maritime, Younès, 27 ans, est LA révélation de la série de Fanny Herrero. Avant de décrocher le rôle de Nezir – banlieusard qui compte sur le stand-up pour le sortir d’une situation difficile -, ce touche à tout, titulaire d’un master de droit décroché à la Sorbonne-Paris, a joué dans quelques films et séries (« La commune », « Ramdam », « Les Magnétiques ») mais s’est surtout illustré dans le petit monde du hip-hop français où il se fait toujours appeler « Younès » ou « Yoon on the Moon ». Ami avec le rappeur Rilès, lui aussi originaire de Rouen, il a été invité à assurer les premières parties de ses concerts en 2019.

MARIAMA GUEYE, ALIAS « AÏSSATOU »

À 32 ans, Mariama Gueye, qui campe dans la série le rôle de Aïssatou – comique à succès se servant de son expérience de jeune maman pour faire rire - est la plus expérimentée du quatuor d’acteurs de « Drôle ». Passée par le Cours Florent et Le laboratoire de l’acteur, célèbres écoles de théâtre parisiennes, elle compte à son actif près d’une vingtaine d’apparitions dans des séries (« Prise au piège », « Gloria »…) et des films français (« Mon bébé », « Selfie »…). Mais c’est surtout son rôle dans « La smala s’en mêle », feuilleton diffusé de 2012 à 2016 sur France 2, qui l’a révélée aux yeux du grand public. Elle y jouait Nelly Garnier, fille adoptive d’une mère de famille interprétée par Michèle Bernier.

JEAN SIUEN, ALIAS « BLING »

C’est en passant un BTS action commerciale que Jean Siuen, né en 1984 à Melun, s’est rendu compte qu’il avait un certain talent d’éloquence. Ni une, ni deux, le jeune homme a abandonné ses études pour décrocher une place au Cours Florent, à Paris. Diplômé en 2009, il a depuis fait plusieurs apparitions dans des publicités, des séries (« Fais pas ci, fais pas ça », « Un homme d’honneur »…) et des films (« Le bal des actrices », « Microbe et Gasoil »…). Dans « Drôle », il interprète Bling, humoriste dont la carrière est sur la pente descendante.

ELSA GUEDJ, ALIAS « APOLLINE »

Passée elle aussi par le Cours Florent, mais surtout par le prestigieux Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Elsa Guedj, titulaire également d’une licence de Lettres Modernes, s’est surtout distinguée dans le monde du théâtre. La comédienne a aussi joué dans plusieurs films, dont le formidable « Une jeune fille qui va bien », premier long-métrage en tant que réalisatrice de l’actrice Sandrine Kiberlain. Apolline, son personnage dans « Drôle », est une jeune femme issue d’une famille bourgeoise qui va tout faire pour échapper à un destin tout tracé.

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article