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Chez Jeannette Fleurs

“Je m'intéresse à tout, je n'y peux rien.” Paul Valéry. Poussez la porte de la boutique : plus de 1.600 articles.

Ce soir sur Arte... La strada de Federico Fellini....

La vie des pêcheurs est dure, sur cette plage d’hiver. Pour quelques lires, Gelsomina est vendue par sa mère à Zampano, un lutteur de foire. L’adolescente lunaire suit le colosse sur la strada (« la route ») et l’assiste dans ses spectacles. Incapable de s’avouer son amour pour elle, Zampano la maltraite. Gelsomina rencontre alors le Fou, un acrobate…

De ce film mythique, le critique André Bazin disait « C’est l’histoire d’un homme qui apprend à pleurer… » Ces larmes refoulées — pas par le spectateur — sont le fruit d’une rencontre improbable entre deux vagabonds en quête d’identité. Zampano, l’hercule renfrogné, gagne sa triste vie avec un numéro de cirque très métaphorique : le cœur convulsé sous les chaînes encerclant sa poitrine, il retient son souffle pour tout faire éclater. Gelsomina, sylphe fragile, survit grâce à son mimétisme : incapable d’imposer au monde sa personnalité, elle singe la démarche des bonnes sœurs, ou plie les bras pour ressembler à un petit arbre. Entièrement tourné en extérieur dans des conditions infernales, ce film itinérant vogue au gré de la composition époustouflante des ­acteurs. Brusque et hâbleur, Anthony Quinn rend sa violence caressante. Avec sa cape de deuil et sa « face d’artichaut », Giulietta Masina oscille entre Charlie ­Chaplin et Stan Laurel. Roulements de tambour et trépignements : voilà un chef-d’œuvre.

La critique de Télérama 

Ce film miraculeux est aimé des cinéastes comme du pape François. Venu du néoréalisme, cette école du regard qui affronte le monde tel qu’il est, Fellini a imaginé deux personnages qui l’ont conduit à travers l’Italie défavorisée de l’après-guerre, mais l’ont aussi mis sur le chemin du réalisateur visionnaire qu’il deviendra…

Parangon de la brute épaisse, Zampano est un saltimbanque briseur de chaînes, enchaîné aux instincts terriblement terrestres de son corps puissant, de son esprit calculateur. Gelsomina, qui l’accompagne sur les routes et fait le clown à ses côtés, est, elle, une simple d’esprit qu’aucun bien matériel n’intéresse, souriant à la beauté du monde, qu’elle sait reconnaître partout. Ce duo désaccordé va perdre l’équilibre en rencontrant, un jour, un funambule nommé le Fou.

L’élévation et la chute sont les forces contraires que soulève Fellini, en leur insufflant toutes les dimensions possibles. La poésie, les sentiments transportent plus loin que la carriole de Zampano. Avec Gelsomina, devenue personnage mythique grâce à l’interprétation de Giulietta Masina, le réalisateur donnait un écho à la spiritualité de François d’Assise, sur la richesse de la pauvreté, l’écoute du chant des oiseaux dont la musique de Nino Rota partage la pureté. D’où l’admiration du pape. Et la nôtre.

 

 

Synopsis

Gelsomina, une brave fille un peu simple dont la mère ne parvient pas à assurer la subsistance, a été vendue pour un plat de macaronis à un forain, Zampano. Celui-ci survit en brisant des chaînes et en crachant du feu pour distraire les gens. Gelsomina le suit dans ses tournées et le sert fidèlement, bien que son maître, homme bourru et laconique, la maltraite sans scrupule. Elle lui voue en effet un amour profond et silencieux. Un jour, elle rencontre Il Matto, un fildefériste qui l'écoute et lui parle. Lors d'une rixe avec Zampano, le seul véritable ami de Gelsomina meurt accidentellement. Peu après, la jeune femme tombe malade. Zampano, qui ne veut pas s'embarrasser d'un compagnon de route inutile, l'abandonne...

 

 

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