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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

L'Age d'Or des Maisons Closes d'Alphonse Boudard...

Boudard après Maupassant et d'autres ont contribué à l'ennoblissement littéraire de la petite vertu.

Paru en 1990, cet ouvrage, co-écrit par Alphonse Boudard, romancier, scénariste et historien du faits divers et du milieu, et Romi, journaliste, et historien de l'insolite, "L' âge d'or des maisons closes", est un document très complet et pourvu d'une riche iconographie sur la question.

 

 Livre divisé en plusieurs chapitres : Messieurs les Placeurs - Abattage: Le Dernier Cercle - Fleuri ou pas : Le Dessus du Panier - Les Clients à Passions - La Publicité Galante - Arts et lettres - Les Volets s'ouvrent ... - Lexique. Tirage sur couché. Etat proche du neuf. Edition originale. Précieux exemplaire orné d'une superbe dédicace autographe, signée, de Alphonse Boudard à son médecin, Michel Laignier.

 

On peut l'acheter aujourd'hui entre 30 et 40 €.

Critique

Intéressant document qui traite de l'argent, du sexe, de l'art et de la police sous la Troisième République, L'Âge d'or des maisons closes laisse place à la langue passionnante d'Alphonse Boudard qui raconte cette histoire comme nul autre.

Tolérées, les maisons closes attirent toutes les catégories sociales, de la haute bourgeoisie au monde ouvrier. Des lupanars de luxe aux "maisons à soldats", chacun se rend dans ces maisons de joie mais aussi de misère et de détresse humaine, selon ses moyens et ses goûts.

Richement illustré, cet ouvrage grand format rend compte de tous les vices, "chambre des tortures" ou "filles de tous les plaisirs" et caprices des clients traités comme de véritables rois. C'est également l'âge d'or des "michets, maques et profiteurs de tout ordre".

La collection personnelle de Romi, "historien de l'insolite", qui forme ici l'iconographie, est composée de documents souvent exceptionnels et apporte un éclairage saisissant sur la triste réalité du "plus vieux métier du monde". --Florent Mazzoleni

 

 

 

 

Extraits

"Assez simple à cerner, l'âge d'or des maisons closes se situe sous la IIIe République. L'institution de la tolérance existait, bien sûr, depuis le Consulat. Une belle opération de police. Les municipalités avaient le pouvoir d'accorder l'autorisation d'ouvrir ces maisons accueillantes aux messieurs esseulés et en manque de fesses. ça permettait de tenir les taulières sous la coupe de la police. Je dis taulières parce que la réglementation interdisait aux hommes de tenir ce genre d'établissement. Pour sauver les apparences. En réalité, derrière Madame, Monsieur ne s'occupait pas uniquement de broderie anglaise. Il était le maître, le caïd... il tenait tout... la caisse, les décisions, les clefs du septième ciel, le droit de cuissage et surtout, surtout, c'était lui le lien entre le Milieu et les flics.

Le Milieu n'est pas quelque chose de très précis, mais en gros, c'est tout de même l'ensemble des gens qui vivent de tout ce qui est illicite. La prostitution et le vol étant ses deux grosses mamelles, pour parler comme Sully. Au premier plan donc, la tenancière, Madame pour les filles, la taulière pour les argotiers. Elle sait que Dieu est argousin. Un Dieu jaloux, cruel, avide de renseignements. Il ne partage pas, il veut tout savoir, à défaut de tout voir. Une ancienne de la corporation, à la retraite plutôt dorée après une carrière tout à fait exemplaire dans l'immoralité, m'avouait sans ambages, sans vergogne : "Je leur disais tout". La glasnost avant Gorbatchev en quelque sorte."

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"Le 13 décembre 1945, Marthe Richard entre en scène. ça va barder ! Au conseil municipal de Paris, elle lit un projet de délibération... Vous devinez lequel. Le 20 décembre, le préfet de police Luizet prend l'engagement de fermer les taules du département de la Seine dans un délai de trois mois. Coup de tonnerre : le 13 avril 1946, l'Assemblée constituante adopte la loi 46 685 tendant à "La fermeture des maisons de tolérance et au renforcement de la lutte contre le proxénétisme". Les abolitionnistes ont gagné !"

Quatrième de couverture

Les maisons closes vivent leur âge d'or sous notre IIIe République. Avec l'institution de la tolérance, le Milieu prend ses aises et les bordels prospèrent. On en parle et on s'y rend, chacun selon ses moyens et ses goûts. Haut de gamme, le Chabanais, le One two two, le Sphinx offrent une prostitution de luxe dans les décors les plus fous : chambres d'amour à l'antique ou à la vénitienne, chambre de torture et filles de tous les plaisirs...
Le client, aussi capricieux soit-il, reste le roi ! En bas, le bar est très fréquentable et très bien fréquenté : Colette, Carco, Gabin, Piaf, Michel Simon, Tino Rossi, Marlène Dietrich certains soirs, ou Humphrey Bogart... Pourtant on ne peut oublier l'envers du décor. Du petit claque bourgeois à la "maison à soldats", la fille ramassée sur un quai de gare ou à la sortie de "Saint-Lago" par un placeur n'a pas droit au rêve.


Récompense et distraction du militaire qui s'est illustré dans nos guerres coloniales ou sur la ligne bleue des Vosges, elle fera en moyenne soixante-dix passes par jour pour le compte du patron. C'est aussi l'âge d'or... des profiteurs. Avec ses contrastes, le monde des maisons closes, à la fois clinquant et sordide, génère tous les fantasmes et toutes les corruptions. II inspire peintres, dessinateurs, hommes de lettres, photographes et cinéastes.


Y a-t-il aujourd'hui meilleure plume que celle d'Alphonse Boudard pour traduire cet univers qui mêle l'art, le sexe, la police et l'argent ?

 

Lire ci-dessous l'interview d'Alphonse Boudard par Olivier Bailly :

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