Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Florence Nightingale, la première des infirmières d'Aurine Crémieu sur Arte...

Véritable icône de l’histoire britannique, Florence Nightingale (1820-1910) posa les bases du métier d’infirmière moderne. Un bel hommage à une pionnière dont l’intégrité, l'altruisme et le zèle forcent l’admiration.

Dans les années 1850, alors que le Royaume-Uni est engagé dans la très meurtrière guerre de Crimée, une femme va révolutionner la pratique des soins infirmiers qui en sont encore à leurs balbutiements. Fille de bonne famille, Florence Nightingale a embrassé une vocation de nurse réservée d'ordinaire aux classes populaires. Elle est envoyée au chevet des blessés dans un hôpital militaire de Constantinople. Les maladies infectieuses y font alors davantage de victimes que les combats. Son récit des conditions indignes qui y règnent, publié dans la presse, scandalise l’opinion publique. À la suite de cette expérience, l'infirmière engage un profond travail de réforme des hôpitaux militaires, inspiré des principes hygiénistes alors émergents, dont les résultats s’avèrent vite spectaculaires. En parallèle, elle mène de rigoureuses recherches fondées sur un usage novateur des statistiques. De retour en Angleterre, Florence Nightingale se voit désormais reconnue comme une experte en matière de santé publique. Au cours d’une longue et riche carrière menée des deux côtés de l’Atlantique, elle contribue à moderniser les hôpitaux publics, crée la première école d’infirmières de l’Empire britannique et pose les bases de l’éthique du "care", centrée sur le soin et l’empathie envers le malade.

Sainte laïque

Altruiste, persévérante, dotée d’une brillante intelligence et d’une extraordinaire force de travail, celle qu’on a surnommée "la dame à la lampe" pour ses tournées nocturnes des chambrées de malades, est aujourd’hui encore révérée à la manière d’une sainte laïque dans le monde anglo-saxon. Si son nom est bien moins connu en France, du fait de la longue mainmise des congrégations religieuses sur le monde hospitalier, elle fera cependant des émules, notamment grâce à Anna Hamilton, l’une des premières femmes médecins, qui crée à Bordeaux une école d’infirmières inspirée de ses préceptes. À l’aide d’élégantes reconstitutions, de témoignages d’experts et d’archives – notamment les célèbres lettres envoyées par Florence Nightingale depuis Constantinople –, ce beau documentaire retrace le parcours extraordinaire d'une visionnaire à la personnalité admirable et revient sur l’ampleur de son héritage.

L'article du Monde :

Sa longue vie est une page d’histoire. Féministe, combative, dévouée, surdouée… Florence Nightingale (1830-1920) est considérée comme la première infirmière – avant elle, il n’y avait aucun personnel féminin qualifié. Ses méthodes, basées sur le care et sur le respect d’une hygiène stricte, avant les travaux de Pasteur sur l’asepsie, vont révolutionner les soins apportés aux blessés britanniques pendant la guerre de Crimée (1853-1856), puis aux malades de l’hôpital public, et sauver des milliers de vies.

Célèbre dans tout l’Empire britannique, dès 1854, au point d’être appelée comme consultante durant la guerre de Sécession aux Etats-Unis, à partir de 1861, Florence Nightingale reste toutefois une quasi-inconnue en France. Pour combler cette lacune, et pour en expliquer la cause, ce documentaire retrace son destin hors norme, à l’aide d’images d’archives parfois rares, de nombreux tableaux de bataille, de témoignages et surtout de scènes de reconstitution particulièrement soignées.

Choix progressiste

Le film débute par l’événement déclencheur : les articles dans le Times, de William Howard Russell, premier correspondant de guerre envoyé pour couvrir le conflit qui oppose Turcs, Britanniques et Français aux forces russes. Pour la première fois, il y décrit l’état lamentable des hôpitaux militaires de l’Empire : « Il est indigne que nos soldats agonisent dans de telles conditions », écrit-il. Le peuple est scandalisé, la jeune reine Victoria également.

Une femme, Florence Nightingale, va alors être envoyée à l’hôpital militaire de Scutari, près de Constantinople (actuelle Istanbul), avec une quarantaine d’infirmières. Ce choix progressiste peut surprendre, mais la jeune femme n’est pas n’importe qui ; près d’un tiers du film revient sur sa vocation suivie depuis ses 16 ans.

Sur place, elle va imposer le nettoyage des mains, des draps, l’usage d’eau chaude. Mais aussi rédiger des rapports et rationaliser l’approvisionnement. C’est alors un peu longuet pour le téléspectateur, à cause de commentaires laudatifs et d’intervenants monocordes. Mieux vaut toutefois s’accrocher jusqu’à la dernière partie, consacrée à son héritage.

Le film revient alors, notamment, sur l’histoire des deux premières écoles d’infirmières françaises. La première ouverte en 1880, à la Salpêtrière à Paris, accueille le plus grand nombre, y compris les élèves ne sachant pas lire : c’est un échec. La deuxième, fondée avec la doctoresse Anna Hamilton, à Bordeaux, en 1901, reprend les principes de Florence Nightingale, à savoir que les élèves doivent être des femmes instruites qui, à l’issue de 646 jours d’une formation intense, en deux ans, seront considérées à l’égal des médecins.

L’école bordelaise reste aujourd’hui une des plus réputées en France, pays où, contrairement à d’autres, les infirmières même diplômées n’ont toujours pas accès au statut de chercheuses.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article