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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

Joséphine Baker. De toutes les couleurs... Sur France 5...

Le 30 novembre, Joséphine Baker entrera au Panthéon. Derrière les paillettes et la ceinture de bananes de la danseuse se cachait une femme généreuse, mystérieuse et engagée, au destin hors norme, que France 5 raconte ce vendredi dans le documentaire Joséphine Baker de toutes les couleurs.

À la mi-août, l'Élysée annonçait que Joséphine Baker entrerait au Panthéon ce 30 novembre, estimant que la chanteuse était, par son engagement dans la Résistance et la lutte antiraciste, "l’incarnation de l’esprit français". Si elle sera la sixième femme à être panthéonisée, c'est la première fois qu'une cérémonie d'entrée honorera une femme seule (sans conjoint ou compagnon de lutte), première artiste et première femme noire.

Alors que France 5 diffuse ce vendredi à 23h20 le documentaire Joséphine Baker de toutes les couleurs, voici le portrait de la star du music-hall qui, derrière les déhanchements de son corps libéré et son sourire éclatant, cachait les souffrances de l'enfance et la douleur lancinante de la ségrégation.

Joséphine Baker, une Américaine à la conquête de Paris

Freda Josephine McDonald naît le 3 juin 1906 à Saint-Louis, dans le Missouri, dans une grande misère et un environnement de violence raciste. "Elle vit avec sa mère dans des baraques en bois souvent incendiées par des Blancs", raconte Jacques Pessis, auteur de la biographie Joséphine Baker (éd. Gallimard). 

Pour fuir cette misère et gagner de l'argent, elle se fait embaucher un soir dans un théâtre – elle a alors 12 ans – pour remplacer au pied levé une danseuse blessée. À 16 ans, l'adolescente, déjà divorcée de son premier mari, prend le nom de son second époux, Baker. Après une tournée, elle danse dans un cabaret de New York. Repérée par une productrice française, l'Américaine embarque pour Paris, devenu la Terre promise. 

"Un jour, j'ai réalisé que j'habitais dans un pays où j'avais peur d'être noire", déclarera-t-elle. En France, Joséphine Baker est acclamée en cette année 1925, où elle exécute chaque soir la "danse sauvage" au théâtre des Champs-Élysées. Elle enchaîne comme meneuse de revue aux Folies Bergère, où elle arbore sa fameuse ceinture de bananes. Femme libérée, au corps dénudé, elle joue la parfaite diva. "On l'a même vue se promener dans Paris, une chèvre tenue en laisse", rapporte Jacques Pessis. En 1930, elle devient chanteuse au Casino de Paris. Le compositeur Vincent Scotto lui écrit son plus grand tube, J'ai deux amours. En 1937, l'Américaine obtient la nationalité française en épousant, en troisièmes noces, le courtier Jean Lion.

Joséphine Baker, de résistante à militante

Quand la guerre éclate, Jacques Abtey, chef du contre-espionnage militaire, la recrute : Joséphine traverse les frontières avec des messages cachés dans ses partitions et des microfilms nichés dans son soutien-gorge. De résistante à militante… 

 

Après la guerre, elle se produit en Amérique, mais constate que la condition des Afro-Américains n'a pas changé. En 1951, à Cuba, on refuse de lui louer une chambre d'hôtel. Elle fait un esclandre, devient militante… jusque dans sa vie privée. 

 

Elle adopte 12 enfants de toutes origines, qu'elle appelle sa "tribu arc-en-ciel", qu'elle loge dans le château des Milandes, en Dordogne, acquis avec son quatrième époux, le chef d'orchestre Jo Bouillon. Une tribu auquel son mariage ne résistera pas : le divorce est prononcé en 1961. Criblée de dettes, Joséphine Baker doit quitter le château en 1969. Grace Kelly la sauve en l'installant avec ses enfants dans une villa de la Côte d'Azur.

 

Le 24 mars 1975, elle inaugure sa nouvelle revue à Bobino. Deux semaines plus tard, après une représentation, elle décède d'une attaque cérébrale, en ayant exaucé son vœu : avoir chanté et dansé jusqu'au bout de sa vie.

 

 

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