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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Billie Holiday. Une affaire d'état... Le film de Lee Daniels.

Elle a réussi à devenir quelqu'un et vous ne le supportez pas. Parce qu'elle est forte, belle, et... noire.

   

Southern trees bear a strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black bodies swingin' in the Southern breeze
Strange fruit hangin' from the poplar trees
Pastoral scene of the gallant South
The bulgin' eyes and the twisted mouth
Scent of magnolias sweet and fresh
Then the sudden smell of burnin' flesh
Here is a fruit for the crows to pluck
For the rain to gather
For the wind to suck
For the sun to rot
For the tree to drop
Here is a strange and bitter crop

....................................................

Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Un fruit étrange suspendu aux peupliers.

Scène pastorale du vaillant Sud,
Les yeux révulsés et la bouche tordue,
Parfum de magnolia doux et frais,
Puis l'odeur soudaine de chair qui brûle !

C'est un fruit que les corbeaux picorent,
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
Que le soleil fait mûrir, que les arbres font tomber
C'est là une étrange et amère récolte.

Strange Fruit (littéralement « fruit étrange ») est une chanson interprétée par la chanteuse américaine Billie Holiday pour la première fois en 1939, au Café Society de New York.

 

Tirée d'un poème écrit et publié en 1937 par Abel Meeropol, c'est un réquisitoire artistique contre le racisme aux États-Unis et plus particulièrement contre les lynchages que subissent les Afro-Américains, qui atteignent alors un pic dans le sud des États-Unis. Meeropol l'a mis en musique avec l'aide de sa femme, et la chanteuse Laura Duncan (en) l'interprète comme une chanson de protestation sur les scènes de New York à la fin des années 1930, y compris au Madison Square Garden.

 

Le « strange fruit » évoqué dans le morceau est le corps d'un Noir pendu à un arbre. On peut lire dans la deuxième strophe : « Scène pastorale du vaillant Sud : Les yeux exorbités et la bouche tordue, Un parfum de magnolia doux et frais, Puis l'odeur soudaine d'une chair qui brûle. »

 

 

C'est justement cette chanson-là qui exaspère le FBI.

Sous prétexte "qu'elle encourage la colère et les revendications du peuple noir. Ses paroles sont provocatrices."

Et au FBI, elle exaspère plus particulièrement l'agent Harry J Anslinger (Garrett Hedlund).

L'empêcher de chanter c'est difficile alors on va la choper sur la dope.

Et voilà que l'un de ses sous-fifres, chargé de l'enquête, Jimmy Fletcher (Trevante Rhodes) a la bonne idée de tomber amoureux de Billie la sensuelle, lors d'une opération d'infiltration...

Billie (Andra Day) se dope jusqu'aux oreilles et ne réussit pas à s'en sortir...

Mais Dieu qu'elle chante et baise bien.

What else ?

Ah si, la fabuleuse chanson "All of me" qui devient la rengaine préférée du soupirant flic.

 

 

"You took my kisses and all my love
You taught me how to care
Am I to be just remnant of a one side love affair
All you took
I gladly gave
There is nothing left for me to save
All of me
Why not take all of me
Can't you see
I'm no good without you
Take my lips
I want to lose them
Take my arms
I'll never use them
Your goodbye left me with eyes that cry
How can I go on dear without you
You took the part that once was my heart
So why not take all of me"

Ils se battent...

Ils se droguent (oui, le flic aussi)...

C'est une descente aux enfers orchestrée par la Maison Héro.

Elle est arrêtée.

Elle se fait désintoxiquer.

Elle revient sur scène.

Elle chante mieux que jamais.

Elle retombe une dernière fois dans la petite cuillère...

On l'hospitalise d'urgence au Metropolitan Hospital de Harlem.

Dans sa chambre d'hôpital, elle cache de la poudre blanche dans ses boites de mouchoirs.

Elle se dopera jusqu'à sa mort, les pieds entravés de menottes, à l'aube du 17 juillet 1959.

Elle avait 44 ans.

C'est un peu court ???

Oui, parce que le vrai miracle est ailleurs...

Dans le fabuleux jeu d'Andra Day, belle à en crever...

Et dans la voix au timbre rauque de Billie.

Filez donc vous acheter une compile de ses plus grands succès.

Un régal !

Indémodable.

 

Liliane Langellier

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