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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Affaire Grégory. Résumé.

Résumé de l'affaire Grégory

Acte 1 - Ce drame commence dans les Vosges. Le 16 octobre 1984, le corps de Gregory Villemin, âgé de 4 ans, est retrouvé dans une rivière, La Vologne. Ses pieds et ses mains sont liés par des cordelettes. L'oncle du petit garçon déclare alors avoir répondu le jour même à un appel téléphonique anonyme revendiquant l'assassinat. Le lendemain, ce sont les parents de Gregory Villemin qui reçoivent une lettre, elle aussi anonyme, sur laquelle il est écrit : "Ton fils est mort. Je me suis vengé." On parle alors d'un "corbeau", qui serait responsable du meurtre. Les époux Villemin étaient déjà harcelés depuis plusieurs années via les mêmes procédés.

 

Acte 2 - La justice pense d'abord que le "corbeau" responsable du meurtre du petit Gregory est Bernard Laroche, le cousin du père de l'enfant. Il est alors inculpé d'assassinat et écroué, le 5 novembre 1984. Mais Murielle Bolle, le témoin principal qui affirmait l'avoir vu en compagnie de l'enfant quelques heures avant sa disparition finit par se rétracter, et les expertises graphologiques sont annulées pour vice de forme. Bernard Laroche est libéré en février 1985.

Acte 3 - Un mois plus tard, le 29 mars 1985, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, assassine son propre cousin Bernard Laroche, persuadé qu'il est coupable de la mort de son fils.

 

Acte 4 - La mère du petit Grégory, Christine Villemin, est inculpée à son tour pour la mort de son propre fils, le 5 juillet 1985. Les graphologues pensent qu'elle est le "corbeau" auteur de la lettre anonyme revendiquant le meurtre de son enfant. Elle bénéficie d'un non-lieu pour " absence totale de charges" le 3 février 1993.

Acte 5 - Le 16 décembre 1993, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, est condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche, l'oncle de l'enfant assassiné.

 

 

Acte 6 - Cordelettes, vêtements, lettres... Les époux Villemin demandent que de nouvelles recherches ADN soient effectuées pour connaître la vérité sur la mort de leur fils. La cour d'appel de Dijon ordonne la réouverture de l'enquête. Les recherches ADN commencent en 2008 et sont abandonnées en 2013, les résultats étant jugés insatisfaisants.

Acte 7 - Coup de tonnerre, le 14 juin 2017. L'enquête avance de nouveau grâce aux progrès des techniques graphologiques, qui permettent d'identifier un ou des nouveaux "corbeaux". Alors qu'un seul coupable était jusqu'ici recherché, le procureur général de Dijon a annoncé que "plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime ". L'oncle et la tante du père du petit Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, sont interpellés. Ginette Villemin, une belle sœur, est elle aussi interpellée. Les grands-parents de Grégory sont également entendus en audition libre. Le vendredi 16 juin, Jacqueline et Marcel Jacob, la tante et l'oncle du père du petit Grégory, sont mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Ils n'ont jamais été soupçonnés de quoi que se soit jusqu'ici.

 

Acte 8 - Mercredi 28 juin 2017, Murielle Bolle a été placée elle aussi en garde à vue. Elle est entendue pour "complicité d'assassinat et non-dénonciation de crime", puis mise en examen pour enlèvement de mineur suivi de mort. Cet autre protagoniste de l'affaire revient au premier plan : âgée de 15 ans au moment des faits, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche avant de se rétracter quelques jours plus tard. Le témoignage d'un cousin, qui affirme avoir vu la jeune femme se faire "lyncher" par sa famille à cause de ses premiers aveux est évoqué. C'est ce "lynchage" qui aurait pu la contraindre à changer de version en 1984. Mardi 4 juillet, Murielle Bolle est maintenue en détention. Elle est remise en liberté le 4 août, mais reste placée sous contrôle judiciaire.

 

 

Acte 9 - Le tout premier juge d'instruction a être saisi en 1984 de l'affaire Grégory, Jean-Michel Lambert, se suicide mardi 11 juillet 2017, à l'aide d'un sac plastique. Il était accusé par son successeur qui pointait "les carences, les irrégularités, les fautes […] ou le désordre intellectuel du juge Lambert", et constaté : "je suis en présence de l'erreur judiciaire dans toute son horreur". Le juge Jean-Michel Lambert, âgé de 65 ans, se disait traumatisé par l'affaire Grégory. Il aurait été, selon les premiers éléments de l'enquête, bouleversé par ses derniers rebondissements judiciaires.

 

Acte 10 - 11 août 2017, le Monde dévoile des extraits de la confrontation entre Murielle Bolle et son cousin Patrick F. au sujet de la soirée du 5 novembre 1984. Il affirme que Murielle a été "lynchée" par sa famille pour qu'elle retire son témoignage contre Bernard Laroche, elle assure qu'il ne s'est rien passé ou dit ne pas s'en souvenir. Au final, chacun a maintenu sa version des faits.

Acte 11 - Le 16 mai 2018, la chambre de l'instruction de Dijon annule les trois mises en examen de Murielle Bolle, de Marcel et Jacqueline Jacob. Après une série d'expertises et de rebondissement depuis plusieurs mois, la chambre de l'instruction renonce à se prononcer sur le fond, mais invoque un vice de procédure technique.

 

 

Acte 12 - Le 16 novembre 2018, la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 est jugée inconstitutionnelle. Le Conseil constitutionnel estime que cette dernière n'aurait pas dû être interrogée seule par les gendarmes à l'époque, car cela ne respectait pas ses droit.

Acte 13 - Le 16 janvier 2020, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris annule la garde à vue de Murielle Bolle au cours de laquelle elle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d'avoir enlevé Grégory Villemin. Les propos qu'elle a tenus devant les gendarmes sont donc éliminés du dossier.  Cependant, la justice n'a pas annulé les déclarations que Murielle Bolle avait faites aux forces de l'ordre avant le début de cette garde à vue, ni son audition devant le juge Lambert. Au cours de cet interrogatoire, elle avait également accusé son beau-frère.

 

Acte 14 - La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon, où est instruit depuis 1987 ce dossier-fleuve, a accepté le 27 janvier 2021 "la quasi-totalité" des demandes de nouvelles expertises, notamment ADN, déposées par Christine et Jean-Marie Villemin, relançant l'espoir de retrouver le ou les coupables.

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