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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Los Angeles inaugure son Musée des Oscars et du Cinéma...

Conçu par l’architecte star Renzo Piano, l’Academy Museum ouvrira normalement ses portes au public fin septembre. Une inauguration virtuelle était organisée en avant-première le 11 mars. Visite.

Les membres fondateurs de l’Academy Motion Pictures Arts and Sciences, organisatrice des Oscars rêvaient, dès la fin des années 1920, d’un musée dédié au cinéma au cœur de son autoproclamée « capitale mondiale », Los Angeles. Il aura fallu attendre près d’un siècle pour que le projet voie le jour. Le 30 septembre 2021, l’Academy Museum ouvrira enfin ses portes – sous réserve de l’évolution de la crise sanitaire. En attendant cette inauguration en « présentiel », nous avons pu visiter l’imposant bâtiment de manière virtuelle – mais au pas de charge... – grâce à un film commenté par Laura Dern et une conférence de presse, le tout retransmis en ligne le jeudi 11 mars.

Renzo Piano, l’une des stars de l’architecture mondiale, a investi le Saban Building (ex-May Company Building), un immeuble bien connu des Angelenos, situé à l’intersection de Wilshire et de Fairfax, au cœur du quartier des musées. Il lui a adjoint un nouvel édifice, baptisé The Sphere, comprenant notamment une terrasse géante avec vue imprenable sur les collines de Hollywood, pour une superficie totale de 28 000 mètres carrés (à titre de comparaison, le musée d’Orsay en fait le double).

Outre les galeries d’exposition proprement dites (sur 4600 mètres carrés), l’Academy Museum hébergera des salles de cours, un restaurant, des espaces privatisables mais aussi deux salles de projection high-tech, l’une, le Ted Mann Theater, de deux cent quatre-vingt-huit places et l’autre, le David Geffen Theater, de mille fauteuils, avec la possibilité de projeter tous les formats, du numérique ultra haute définition jusqu’aux anciennes et très inflammables pellicules nitrate (interdites depuis 1961 en France en raison de leur dangerosité !), en passant par le 70 mm cher à Quentin Tarantino.

Les collections permanentes seront présentées sur trois étages, avec l’objectif de célébrer tous les métiers du septième art – maquillage inclus. Des espaces seront plus spécialement consacrés au classique des classiques Citizen Kane, au beaucoup moins connu Ana (Real Women Have Curves en VO, une comédie sociale chicano de 2004 devenue culte aux États-Unis pour sa dimension féministe), à Bruce Lee ou encore à Thelma Schoonmaker (la monteuse attitrée de Martin Scorsese).

Parmi les trésors exposés, figureront les chaussons rouges de Judy Garland dans Le Magicien d’Oz, les Tables de la loi de Charlton Heston-Moïse dans Les Dix Commandements, des maquettes de 2001, l’odyssée de l’espace ou encore Bruce, le requin de carton-pâte géant des Dents de la mer. Il y aura aussi une expérience « immersive » particulièrement gratifiante pour l’ego où, grâce à un casque de réalité virtuelle, les spectateurs pourront se mettre dans la peau d’un nommé aux Oscars qui va monter sur scène pour recevoir sa précieuse statuette…

Bill Kramer, le directeur de l’Academy Museum, et sa directrice artistique, Jacqueline Stewart, ont pris garde de ne pas se limiter à une vision américano-centrée du cinéma. La grande exposition temporaire programmée pour l’inauguration sera ainsi consacrée au grand maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki – mais que Disney se rassure, un espace sera également dédié à Toy Story… – et Pedro Almodóvar lui-même doit concevoir une installation.

Six ans après la polémique #Oscarsowhite, les responsables du musée promettent aussi de ne pas mettre les sujets qui fâchent sous le tapis : les critiques récurrentes sur l’absence de diversité au sein de l’Academy seront évoquées dans plusieurs salles, et l’apport des cinéastes afro-américains à Hollywood sera mis à l’honneur, avec des espaces permanents dédiés à Oscar Micheaux et à Spike Lee (entre autres), et, en 2022, une exposition-événement consacrée au « Black Cinema de 1898 à 1971 ».

Un souci d’inclusion conforme à la liste des nominations pour la prochaine cérémonie des Oscars, et que l’on retrouve dans le programme des conférences en ligne organisées avant l’inauguration officielle. Le 22 avril, un débat intitulé « Breaking the Oscars ceiling » (briser le plafond des Oscars) réunira ainsi Marlee Matlin, Buffy Sainte-Marie et Whoopi Goldberg, respectivement la première actrice sourde, la première compositrice amérindienne et l’une des premières actrices afros-américaines à recevoir un Oscar.

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