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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Le livre de notre été : Les jours heureux d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre...

N'obéir à personne, pas même à la réalité.

Quarante-huit heures...

Deux jours...

Trop vite passés...

Suspendue aux mots de ce pur et inattendu petit chef-d'oeuvre.

L'histoire débute pourtant mal.

Surtout pour ceux qui ont déjà vécu ce genre de drame familial : apprendre que l'un de vos deux parents est atteint d'un cancer incurable.

Se bousculent alors les sempiternelles questions auxquelles chaque être humain doit faire face en pareille adversité : Combien de temps ?

Oui, combien de temps reste-t-il pour profiter encore pleinement de l'être aimé ?

Comment être là sans trop être là ?

Comment ne pas étouffer leurs derniers jours sous un amour maladroit ?

Comment le dire - ou pas - aux autres membres de la famille ?

C'est à tous ces dilemmes, et plus encore, que se trouve confronté Oscar Vian.

Fils unique de deux célébrités du monde cinématographique.

"Un fils normalement  constitué se serait précipité au chevet de sa mère, mais l'infirmier m'a dit qu'elle dormait. J'ai lâchement saisi ce prétexte pour quitter l'hôpital. J'ai commencé à errer au hasard dans Paris avant de m'enfoncer dans une banlieue inconnue. J'ai marché pendant des heures."

Comment accepter que sa mère, la superbe et talentueuse Laure Brankovic soit mortelle ?

Comment savoir choisir entre le dire ou ne pas le dire à son père, Edouard Vian ?

Parce que, il faut bien l'avouer, Laure et Edouard, c'est un couple unique.

Par ses ruptures et ses réconciliations.

Ses divorces et ses mariages.

"Edouard Vian et Laure Brankovic ont formé puis déformé pendant trente ans le couple le plus terrible et le plus célèbre du cinéma européen. Ils se sont mariés trois mois avant ma naissance. Sur une photo de mon carton, on les voit en train de signer les registres. elle encore un peu potelée, lui encore un peu maigrichon : le vrai signe de leur jeunesse. Ils divorcent quand j'ai un an. Ils se remarient quand j'en ai cinq et se séparent à nouveau quand j'en ai quinze. Ils se retrouvent pour mes vingt ans avant de signer leur dernière rupture le jour de mes vingt-cinq. Entre-temps ils ont fait une trentaine de films ensemble et un seul enfant."

Pas simple.

Pas simple du tout.

Mais, une partie du futur scénario est écrit directement par Laure qui demande le silence absolu à son fils.

"On sort d'ici aujourd'hui. Tu te débrouilles. Je ne resterai pas une minute de plus. Et la fin du film ce sera chez moi, tu as compris ?

J'ai dit "oui, maman". Je dis toujours "oui, maman". J'ai mentionné l'organisation que cela impliquerait. Elle m'a ramené à l'essentiel :

"Ne m'emmerde pas avec l'intendance. Et pas un mot à ton père. Si tu parles, je te tue avant de mourir. Compris ?"

Mourir comme on a vécu.

Avec panache.

Alors que Laure, entichée d'un bellâtre philosophe de quinze ans son aîné, décide de s'enfuir seule quelques jours à Tanger.

Chez son amie Véronique.

Oscar, lui, file rejoindre son père aux sports d'hiver...

Or, voilà qu'Edouard - grand habitué de Serre-Chevallier - décide, cette année de partir à Courchevel. Qu'il méprise habituellement parce que "trop mode !"

Il part avec sa maîtresse du moment, une jeune et adorable beauté russe de vingt-huit ans, la très très blonde Natalya.

Influenceuse de mode sur tous les réseaux possibles et imaginables.

Traqueuse de followers et droguée aux likes.

Et surtout, surtout, futile au possible !

Fatigué des coachs et des tisanes détox de sa bien-aimée, Edouard décide d'une expédition, seul avec son fils, histoire de se confronter à la nature et au grand blanc.

Seulement voilà...

Edouard, lui, n'a plus vingt ans.

Et, lorsque le brouillard les surprend, il disparaît dans une crevasse.

Enfin, presque.

A Oscar de le sortir de là.

Après une nuit improbable au premier refuge venu...

Père et fils sont enfin récupérés par les secours.

"J'avais peur pour mon père, j'avais peur pour ma mère. Deux jours sans l'avoir eue au téléphone et j'imaginais le pire, comme si le fait de ne plus l'appeler allait causer sa mort ou la mienne. Un psy m'aurait dit qu'à vingt-neuf ans, je n'avais pas coupé le cordon ombilical. C'était vrai. Un cordon inversé : je croyais garder ma mère en vie, comme je venais de le faire pour mon père, à la seule force de mes mots."

Mais cet accident n'est pas aussi bénin qu'il y paraît.

Il va laisser de profondes séquelles.

Edouard décide de remonter illico à Paris avec son fils.

Et, se retrouve à dîner, chez Laure.

Dans cette étrange maison cube du bas de la butte Bergeyre.

A partir de ce moment précis...

Tout va aller très très vite.

Laure et Edouard vont tomber dans les bras l'un de l'autre, et vivre une nouvelle lune de miel.

Natalya, bonne joueuse, va partir pour New York retrouver un avocat brillant et plein aux as.

Pendant que ses parents s'aiment de croisière en croisière...

Oscar crève de chaleur à Paris et décide d'aller profiter de l'appartement vide de son père.

C'est le premier pas vers l'abîme...

Celui que la jolie poupée russe ne va pas tarder à lui creuser en venant rechercher à l'improviste ses affaires...

On est presque enfin content que notre Oscar pense un peu à lui.

Mais, ça ne va pas durer.

Car il ne peut pas résister à rejoindre ses parents terribles en Grèce.

Là où, justement, Aurélie, son ex, a prévu de venir travailler un nouveau scénario avec Laure.

A partir de ce moment précis...

Tout va aller de mal en pis dans la vie des Vian.

Oscar va souffrir et devoir choisir.

Entre deux femmes : la brune Aurélie et... la blonde Natalya.

Qu'il l'a si bien enjôlé.

Les parents, eux, vont s'enfermer dans le blockhaus de leur passion.

Plus dure sera la chute.

Mais aussi la délivrance.

Ce roman est LE roman incontournable de notre été.

Une fois commencé, on ne peut le lâcher.

On veut connaître la fin de tous ces personnages...

Ou le début...

Qui sait ?

On brûle de savoir où mène l'amour et le désamour...

On a tellement envie qu'Oscar soit enfin heureux une bonne fois pour toutes.

Juste une question...

Mais une question d'importance...

Comment notre auteur, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, a-t-elle pu se glisser si bien dans la peau d'un héros masculin ?

C'est sans doute cela...

Le talent.

 

Liliane Langellier

Les jours heureux

 

  • Éditeur ‏ : ‎ Grasset (5 mai 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 448 pages
  • 22 €

 

P.S. Trop fière du commentaire Twitter d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre sur ma critique de son livre :

 

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