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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

1er juillet 1940. L'Etat français se déplace à Vichy...

Une collaboration consensuelle

Le gouvernement français a mis le doigt dans l'engrenage de la collaboration dès la signature de l'armistice, le 22 juin 1940.

Le vice-président du Conseil Pierre Laval croit, comme beaucoup de ses contemporains, à la victoire définitive de l'Allemagne et il juge bon de s'en accommoder.

Le 1er juillet 1940, quelques jours après l'armistice et l'occupation par la Wehrmacht de la moitié nord du pays, sur sa proposition, les ministres et les pouvoirs publics s'installent dans la zone dite « libre » (non occupée par les troupes allemandes), à Vichy, cité thermale d'Auvergne, où de nombreux hôtels sont à même de les héberger.

Le 3 juillet, la Royal Navy attaque la flotte stationnée dans la rade de Mers-el-Kébir, en Algérie. L'événement réveille la vieille rivalité franco-anglaise et semble donner raison aux partisans de la paix avec l'Allemagne. Le gouvernement français est à deux doigts de se retourner contre son ancien allié.

Le 10 juillet 1940, dans le casino de la ville d'eau, la Chambre élue en 1936 sous les couleurs du Front Populaire vote les pleins pouvoirs au vieux et prestigieux maréchal Philippe Pétain, le vainqueur de Verdun. C'est la fin de la IIIe République et le début de ce qu'on appelle le « régime de Vichy ».

À la République française se substitue l'« État français » et à « Liberté, Égalité, Fraternité » la devise : « Travail, Famille, Patrie ».

L'Allemand Otto Abetz, jeune intellectuel francophile devenu ambassadeur du Reich à Paris, rassure ses interlocuteurs français sur les bonnes dispositions de Hitler. Celui-ci n'a guère à se plaindre du gouvernement français. Celui-ci engage une politique ouvertement xénophobe au nom d'un patriotisme ambigu qui s'accommode de l'occupation étrangère.

Le 27 juillet 1940, soit un mois à peine après l'armistice, le maréchal Pétain, chef de l'État français, charge une commission de réviser les naturalisations effectuées après le 10 août 1927.

Les lois des 16 août et 10 septembre 1940 réglementent les professions médicales et l'accès au barreau. Le 27 du même mois, est promulguée la loi relative aux « étrangers en surnombre dans l'économie française ». Elle conduit, en « zone libre », à l'internement d'environ 400 000 étrangers. Ils sont regroupés dans des Groupements de travailleurs étrangers sous l'autorité du ministère du travail et sous la surveillance de la gendarmerie ; les internés juifs sont regroupés dans des compagnies dites « palestiniennes » !

Le 3 octobre 1940 enfin, quelques semaines avant l'entrevue de Montoire, le chef de l'État français signe une loi portant sur le statut des Juifs. C'est une marque de soumission à ce que le régime nazi présente de plus abject. Mais le Maréchal ne va toutefois pas jusqu'au renversement des alliances et s'abstient de conclure un traité de paix avec Berlin.

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