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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Le bal des maudits d'Edward Dmytryk.

Quelle connerie la guerre.
Jacques Prévert.
Rappelle-toi Barbara.

C'est sans doute le meilleur film sur la connerie de la guerre.

Il a été tourné en 1958 par Edward Dmytryk.

Qui se veut humain, rien qu'humain.

Brando et Clift crèvent l'écran.

Brando, blond, très blond, incarne la force de la Wehrmacht.

Monty est attendrissant en petit juif chétif.

Dean Martin joue à Dean Martin.

En tenancier de revue sur Broadway.

Il y a une leçon dans tout ça :

Non, le monde n'est pas tout blanc ou tout noir.

Il y a des méchants dans les deux camps.

Et des pourris aussi.

Le bal des maudits est d'abord un roman d'Irwin Shaw.

 

Spectaculaire, intense, brillant, le film d'Edward Dmytryk met tout le monde d'accord.

Réalisé en 1958, ce long-métrage n'a strictement rien à envier aux autres films de guerre dits modernes du coté des batailles.

Au contraire, il définit le vrai cinéma, celui de l'analyse de deux mondes.

D'un coté, celui des Allemands hitlériens dont un des généraux est incarné par Marlon Brando.

L'acteur interprète sans faille et sans exubérance l'Allemand qui se trouve dans le système provoqué par le traité de Versailles en 1919. Ce traité n'a eu pour effet que d'affaiblir le système économique allemand, il a été rédigé et signé de telle sorte que ces hommes et ces femmes vivant en Allemagne se trouvent exclusivement dans la misère, dans le désespoir, dans l'oppression. Ces gens ont été traités à partir de 1919 plus bas que terre. La crise que traversa le pays en termes économiques, une monnaie faible, du travail mal payé, des gens qui sortaient une brouette d'argent pour s'offrir uniquement une baguette de pain, voilà le système de vie qui leur a été imposé. Or, dès qu'un peuple se sent oppressé, se sent maltraité, massacré, méprisé par les autres nations qui visitent le pays, il paraît dès lors normal que la haine et la vengeance envahissent leurs coeurs.

Adolf Hitler, chef du parti de l'extrême droite, profite alors en 1933 d'une élection presque unanime pour ses idées. Ces idées consistaient à redonner de la fierté à son peuple, de se venger de ceux qui les ont condamnés à vivre comme des esclaves. Le sentiment est partagé par tous les Allemands à ce moment et beaucoup d'entre eux s'engagent dans l'armée pour redevenir une grande puissance militaire. Le racisme et la haine de tout le monde envers les autres peuples européens étaient approuvés. Désormais, les règles se résumaient à la discipline, au massacre des minorités comme les juifs, à terroriser et à soumettre les autres nations. Les Allemands étaient devenus des bêtes féroces et leur soif de conquérir et de tuer allait atteindre une ampleur jamais égalée.

De l'autre coté, les Américains, qui semblaient bien s'amuser et ne se soucier de rien lorsque l'Allemagne avait envahi la France en un éclair. La chanson, la musique, l'alcool, c'était l'opium de ce peuple. Quand les Américains comprirent qu'Hitler et Staline se guerroyaient, c'est alors qu'ils entrèrent en scène. Le corps militaire américain était très divisé dans ses propres troupes, les soldats s'humiliaient entre eux par bêtise.

Montgomery Clift incarne un Américain, il est un pauvre homme, petit et honnête qui doit d'abord affronter les collègues de sa propre armée avant de rejoindre la France en parachute pour tuer les nazis.

Le film démontre une nouvelle fois l'indifférence des Français, ces derniers se plaisaient même à vivre au coté des Allemands, la collaboration et les dénonciations étaient une habitude. En définitive, le film montre deux camps qui se sont affrontés, les Américains et les Allemands. Le réalisateur ne caricature pas les Allemands, il les montre comme des soldats qui croient en leur chef et à ses valeurs, il affiche une entente cordiale entre eux et les Français. Qu'ils soient hommes ou femmes, les Français se sont comportés comme des conformistes, la pire race des lâches qui préféraient encore le parti d'Hitler à celui des Russes.

Le réalisateur ne juge personne, il laisse ce soin aux spectateurs du film.

Grande fresque s'étalant sur plusieurs années, développant l'analyse brillante du comportement des différents peuples, elle affiche une vérité implacable: aucun peuple n'est tout noir ou tout blanc, toutes les personnes sont grises. La haine et la cruauté des Allemands étaient justifiées à cause du traité de Versailles, l'engagement des dirigeants américains prouve une fois de plus leur opportunisme, au point d'envoyer des millions de compatriotes à la mort pour à la fois délivrer la France et d'empêcher les Russes communistes, qui gagnaient au fur et mesure du terrain face à l'Allemagne, d'envahir l'Europe.

La seconde guerre mondiale fut horrible. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants auraient pu être épargnés si les Allemands n'avaient pas été si humiliés de la fin de la première guerre mondiale à 1933.

Au final, un immense chef-d'oeuvre !

 

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