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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Sur les traces de Robert Doisneau à Raizeux....

Robert Doisneau. Les marguerites à Raizeux.

Selon ses dernières volontés, l’emblématique photographe humaniste, Robert Doisneau, décédé le 1er avril 1994, est enterré auprès de son épouse, dans le petit cimetière de Raizeux, le village de ses origines. Retour sur l’histoire d’un enfant d’ici…

L’aéroplane de papa, La concierge aux lunettes, Les bouchers mélomanes, Les enfants de la place Hébert, Le baiser de l’Hôtel de Ville… Il suffit d’évoquer quelques titres pour qu’aussitôt, chacun se remémore la photo.

Toutes générations et milieux confondus s’accordent à reconnaître en Robert Doisneau un poète hors du temps, un homme sensible qui, d’un regard sur l’autre, a apporté ses lettres de noblesse à la photographie humaniste.

Robert Doisneau. La douche à Raizeux.
 

Pendant près de soixante-dix ans, Robert Doisneau a figé des visages, des situations, des habitudes… Il a photographié des femmes et des hommes au naturel, dans leur posture et leurs vêtements de tous les jours. Il a attrapé, pour la vie, des scènes du quotidien qui pouvaient paraître anodines sur le moment mais qui, une fois patinées par le temps, reflètent l’authenticité d’un monde perdu.

 

Pierrette Chaumaison

Si Robert Doisneau est né le 14 avril 1912, à Gentilly (Val-de-Marne), il a toujours revendiqué ses attaches yvelinoises. Son père, Gaston Doisneau, est né et a grandi à Cady, un hameau situé sur la commune de Raizeux. « La famille Doisneau est une très vieille famille de la commune. Sur les registres, nous retrouvons ce nom en 1648 », rappelle Jean-Pierre Zannier, le maire de Raizeux, avant d’ajouter que Louis Doisneau, le grand-père de Robert, était tailleur de pierre à Épernon.

Devenu jeune homme, Gaston quitte Raizeux pour la région parisienne. Enfant, Robert Doisneau n’est pas heureux. Chaque fois qu’il en a l’occasion, il vient se réfugier chez son grand-père, à Raizeux. Cette campagne est une bouffée d’air frais pour Robert qui sillonne la région à vélo. Il se lie d’amitié avec Raymonde Goby, une jeune fille de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) dont les parents ont, tout comme les Doisneau, une maison à Raizeux. Régulièrement, Raymonde invite sa meilleure amie en vacances. Elle se nomme Pierrette Chaumaison.

Robert Doisneau. La fanfare d'Epernon

Chaque fois qu’il en a l’occasion, il vient se réfugier chez son grand-père à Raizeux

Cette dernière n’est pas insensible au charme et à l’humour du jeune homme qui la prend plusieurs fois en photo. Pierrette et Robert se marient en 1934. Entre-temps, il a étudié les arts graphiques à l’École Estienne et a obtenu son diplôme de graveur et de lithographe. Après avoir été photographe industriel, Robert Doisneau devient photographe illustrateur indépendant.

Passé les années noires de l’occupation, Pierrette et Robert Doisneau, désormais parents de deux filles, Annette, née en 1942, et Francine, née en 1947, aspirent, dès les vacances, à revenir à Raizeux. Pendant quelques années, ils louent une maison, au hameau des Roches.

De nombreuses photos, aujourd’hui incontournables, ont été prises à Raizeux.

Il y a une dizaine d’années, la commune a créé une sente en hommage à Robert Doisneau, baptisée "le Chemin des Écoliers". De nombreuses photos inédites prises à Raizeux jalonnent son parcours.

 

La Ronde de Raizeux, de Robert Doisneau a été prise en avril 1950.

 

Il aura fallu du temps pour que l’œuvre de Robert Doisneau soit enfin reconnue du grand public. Au début des années quatre-vingt, c’est la consécration. Les reproductions en posters et cartes postales ainsi que les livres et autres ouvrages se vendent comme des petits pains. À cette époque, tout le monde ou presque a chez lui un Doisneau accroché à son mur.

 

« Très abordable »

Les Français tombent amoureux de cet univers et célèbrent celui qui s’obstina à photographier pendant si longtemps ce qui était censé, au départ, n’intéresser personne. L’homme ne va pas pour autant perdre pied. Il se plaira à dire, lorsqu’on évoquera sa célébrité ou, plus détestable, lorsque certaines personnes indélicates, croyant s’être reconnues sur une photo, lui intenteront un procès : « Tout vaut mieux que l’indifférence. »

Jean-Pierre Zannier se souvient qu’en 1989, une exposition photos de la commune avait été proposée. Toujours aussi attaché à la commune, Robert Doisneau s’était déplacé. « Il était chaleureux, souriant et très abordable. Il parlait à tout le monde avec beaucoup de gentillesse et d’humilité?! »

Plusieurs expositions en hommage à Doisneau ont depuis été organisées sur tout le territoire.

Aujourd’hui, dans le petit cimetière de Raizeux, il arrive fréquemment que des visiteurs de passage rendent hommage à celui qui à su si magnifiquement immortaliser l’éphémère. 

 

 

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