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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Naufrage du « Titanic » : la folle enquête sur une bouteille à la mer

Canular ou appel à l’aide ? Depuis la découverte de l’artefact au Canada, des scientifiques tentent de percer le mystère, raconte « Le Parisien ».

 

Je jette cette bouteille à la mer au milieu de l'Atlantique. Nous devons arriver à New York dans quelques jours. Si quelqu'un la trouve, prévenez la famille Lefebvre à Liévin. » En 2017, lors d'une promenade au bord de la côte sud-est du Canada, un couple et ses deux enfants découvrent une bouteille dans l'eau. À l'intérieur, un message daté du 13 avril 1912… soit la veille du naufrage du célèbre Titanic. Cet appel au secours est signé Mathilde Lefebvre, fille de Franck Lefebvre, un mineur du Pas-de-Calais qui avait décidé de tenter sa chance aux États-Unis en 1910, avant de faire venir sa famille deux ans plus tard. Montés à bord du tristement célèbre paquebot, sa femme Marie et leurs quatre enfants ont péri lors du naufrage.

Alors, véritable lettre désespérée ou simple canular ? Depuis la découverte de l'artefact, des scientifiques de l'Université du Québec à Rimouski (Uqar) tentent très sérieusement de percer le mystère de cette bouteille à la mer retrouvée à des millions de kilomètres du site du naufrage. Le Parisien révèle les premiers résultats de leurs recherches, qui, s'ils sont préliminaires, s'inscrivent dans une véritable enquête.

La date coïncide… pas l'écriture

Au cours de leurs travaux, les scientifiques ont garanti que le matériau pouvait correspondre à la date du naufrage. « Nous avons examiné la bouteille. Les marques de moulage, de mise en œuvre, la qualité du verre, son analyse chimique sont compatibles avec le début du XXe siècle », explique au quotidien francilien Nicolas Beaudry, du laboratoire d'archéologie et de patrimoine de l'Uqar. La composition de l'encre utilisée pourrait aussi coïncider, même s'il est encore impossible de la comparer avec d'autres. « Ce qui ne signifie pas que l'assemblage complet date de cette année-là. Car des bouteilles anciennes avec des bouchons, ce n'est pas difficile à trouver, le vieux papier non plus, il suffit de déchirer une page blanche d'un livre ancien… Mais, jusqu'ici, on n'a pas réussi à prendre à défaut un faussaire ! », affirme le scientifique.

En revanche, c'est bien l'écriture qui pose un problème à l'équipe. « Au début du XXe siècle, on apprend en France à produire une belle écriture cursive, régulière, d'un geste continu », note Nicolas Beaudry. Et celle de Mathilde semble trop « hachée » et trop personnelle pour appartenir à une jeune fille de 13 ans. Deux pistes se détachent alors, pour le paléographe Maxime Gohier : « Mathilde pourrait être une enfant très douée en écriture pour son époque, son milieu social et son âge », ou alors c'est un adulte qui a écrit sous sa dictée.

Les courants océaniques comme juges de paix ?

Si l'hypothèse d'une farce n'est pas écartée, les courants océaniques pourraient être les juges de paix, souligne Le Parisien. Mesurés depuis 1979 à l'aide de bouées dérivantes, ces déplacements d'eau de mer dus au vent devraient aider les scientifiques. La trajectoire de ceux qui ont croisé la route du Titanic le 13 avril indique en tout cas qu'ils se dirigeaient majoritairement vers l'Europe et pas vers les côtes canadiennes. Mais « il peut très bien y avoir une bouteille qui emprunte un autre chemin et fasse un autre trajet que celui que la circulation moyenne du Gulf Stream suggère », tempère l'océanographe Daniel Bourgault auprès du quotidien francilien. Et, pour calculer le plus précisément possible la trajectoire de la bouteille, l'Institut météorologique norvégien va réaliser des simulations beaucoup plus longues que celles imposées par la durée de vie limitée des batteries des bouées.

Dans tous les cas, « si la bouteille était authentique, ce serait le troisième objet connu ayant passé le plus de temps en mer », révèle Maxime Gohier. Et, s'il est aujourd'hui aussi bien conservé, ça pourrait être grâce aux sédiments « extrêmement fins » présents dans la baie de Fundy, qui « ont peu d'effets abrasifs et pourraient même avoir un effet protecteur ». Affaire à suivre…

 

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