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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella. Le meilleur film de Marie-France Pisier...

Dix ans déjà...

Que Marie-France Pisier est passée de l'autre côté du miroir...

C'est à l'occasion du sondage week-end de Thierry Barnaudt sur Twitter...

Que j'ai réalisé...

Que mon film préféré avec Pisier est "Cousin, cousine", de Tacchella (1975).

Bien franchouillard.

Tellement seventies.

Voilà que "Biju"(Ginette Garcin), maman de Marthe (Marie-Christine Barrault) et de Diane (Sybil Maas), se remarie avec Gobert (Pierre Plessis)...

L'occasion de ripailles, de grosses beuveries, et de plaisanteries plus ou moins douteuses.

Le marié montre son cul, un cousin se glisse sous la table pour caresser les jambes d'une presque cousine, qu'il sautera par la suite, et Pascal (Guy Marchand) fait hurler de rire sa voisine Karine (Marie-France Pisier).

Ludovic (Victor Lanoux), le neveu du marié, s'approche de Marthe qui s'ennuie ferme dans son coin.

"Expliquez-moi pourquoi les gens qui se marient croient utile d'inviter leur famille ?" demande Ludovic.

"Parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement", chuchote en réponse Marthe.

C'est le premier échange.

Le plus dense.

Le plus magique.

Pendant ce temps-là...

La fille de Ludovic, Nelsa (Catherine Verlor), une ado qui raffole de la photo, raconte des histoires obscènes à ses petits cousins ébahis.

Tout le monde s'en va...

Et Marthe se retrouve seule avec son fils à attendre le bon vouloir de Pascal qui a disparu dans le parc...

Ludovic aussi cherche sa femme. 

Il vient s'asseoir près d'elle. Et les voilà échangeant quelques banalités.

Il avoue qu'il est professeur de danse : tangos, jerks, valses, mais précise bien qu'il change de métier tous les trois ans.

Un verre de champagne, et une très jolie valse s'ensuivent.

Il danse bien, très très bien, il la regarde intensément "Musique, champagne, quelle vie !"

Elle lui sourit de toute sa blondeur.

Les lumières s'éteignent. Ajoutant de la densité à cette toute première valse.

Et...

Le charme est rompu quand débarquent Pascal et Karine.

Pascal, qui n'est pas à un mytho près, enchaîne illico : "Karine ne connaissait pas l'école d'agriculture tout près d'ici.... Le démarreur est tombé en panne et on a mis une heure pour rentrer..."

Et les voilà repartis chacun chez soi.

Le lendemain matin...

Pascal, Casanova de banlieue, décide de rompre avec toutes ses (nombreuses) maîtresses.

Le panel de sa séduction va de la pharmacienne à la conductrice de bus en passant par la gynéco (et oui ! il est représentant en produits pharmaceutiques) !

Pendant ce temps-là...

Ludovic, lui, ne reste pas inactif.

Grâce à l'adresse transmise par son oncle (le marié)...

Il file chercher Marthe à la sortie de son bureau.

Le prétexte de prendre un pot et de savoir si, par hasard, Pascal a revu Karine. Qu'il a dû faire ré-interner.

Il a justement une enveloppe trouvée sur la table de nuit de sa femme, avec pour unique adresse : "A Pascal, s'il m'arrive quelque chose !".

Marthe décide de brûler illico la missive dans le cendrier sans l'ouvrir.

Et les voilà partis faire une énorme razzia de gâteaux chez le pâtissier du coin. Le sucre console de tout, c'est bien connu !

Mine de rien, notre homme lui refile sa carte de visite avec l'adresse de son cours de danse.

De son côté, Pascal vient chercher Marthe à la sortie de la gare...

Il ne peut pas attendre pour lui dire (ils se trouvent alors dans un supermarché, poussant un caddie) : "Tu étais admirable, tu fermais les yeux, désormais, il n'y aura plus que toi !!!"

Dans la célèbre série des "Je dois tout te dire pour me libérer..." Le voilà qui assène avant de se mettre à table pour dîner : "La paysagiste, Karine, trois fois, trois fois dans les fourrés..."

"ça m'est égal", rétorque Marthe...

Mais Pascal insiste : "Quand je t'ai vu danser la valse..."

Il est là et bien là le danger de la séduction. Et cet expert en la matière l'a bien compris.

Pascal se sent soulagé et prêt à tout reprendre à zéro.

Pendant ce temps-là les vieux jeunes mariés font du jogging...

Elle a décidé de recevoir leurs petits enfants chaque premier mercredi du mois.

Pendant qu'elle leur apprend à chanter (scène désopilante avec Ginette Garcin), son nouvel époux leur creuse une piscine...

Nelsa vient projeter ses dernières photos...

Les photos du mariage sont très réussies, juste avant la beuverie généralisée qui montre le cul du marié et le tonton pissant dans son chapeau. On voit aussi Pascal partir avec Karine et les deux cousins de rhabiller après leur séance furtive de baise.

Révolte de Biju : "Ma petite fille, à ton âge, on regarde les belles choses de la vie !"

Mais...

Pendant cette séance familiale...

Gobert, le jeune marié est mort d'une crise cardiaque !

Et voilà la famille de nouveau réunie pour l'enterrement.

Thomas (Hubert Gignoux), le père de Ludovic et demi-frère du marié, se dérange de sa Sologne cette fois...

Dans le car de retour du cimetière, Marthe confie à Ludovic qu'elle passait là trois fois par semaine avant, pour aller à la piscine. Elle adorait aller la piscine...Mais maintenant... Avec le mariage, et l'enfant...

Et c'est ce qu'il va faire, bien sûr...

L'emmener à la piscine !

Car ce n'est pas tant l'homme qui importe, mais la façon dont l'homme va s'y prendre pour conquérir la femme, quel degré d'inventivité aura sa cour. "The chase" comme disent les Ricains...

Après le grand bain... Ils décident tous deux de sécher leurs jobs. Fous rires, premières complicités...

Achat d'un chapeau de paille. Et d'une cravate moche. Séance de cinéma avec Laurel et Hardy.

Pascal sent le danger approcher, et couvre Marthe de cadeaux (Hermès, quand même !)

Celle-ci décide d'aller, à son tour, chercher Ludovic à son cours de danse.

Ils décident de s'amuser et de faire semblant de se retrouver dans le prochain déjeuner dominical d'un restaurant coté à la campagne... 

C'est la marotte de Pascal : déjeuner le dimanche dans un grand restaurant et, juste après, écrire au Guide Michelin pour le défoncer.

Hasard de cette rencontre qui n'en est pas un !

Ah ! Etre deux seuls à savoir devant tous les autres...

Et, les revoilà à la piscine :

"Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?" questionne Marthe.

Et c'est là que vient la célèbre phrase de Ludovic : "Et ensuite, de deux choses l'une : ou on couche ensemble ou on couche pas !"

La suite est à regarder impérativement dans le film de Tacchella...

Que l'on peut louer pour 2 € 99 sur Orange VOD.

Les grands yeux bleus lagune de Marie-Christine Barrault, et ses jolis petits seins nus qui dansent sans soutien-gorge sous ses robes trop sages...

La virilité brune, émouvante, sensuelle, et, toute en retenue de Victor Lanoux...

La merveilleuse époque des pantalons pattes d'eph avec tee-shirts trois boutons pour les hommes, des robes hippies très colorées avec chapeaux de paille assortis pour les femmes.

Ces seventies dont le souvenir ne cesse de nous hanter encore et encore.

Ces scènes à la Sautet dans les petits bistros de fortune et les longs repas de famille...

Ces découvertes uniques que l'on fait à deux et qui isolent les amoureux du monde entier.

C'était le temps...

Le joli temps d'avant...

Celui de notre jeunesse !

 

Liliane Langellier

 

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