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Chez Jeannette Fleurs

“Je m'intéresse à tout, je n'y peux rien.” Paul Valéry. Poussez la porte de la boutique : plus de 1.600 articles.

Il y a 81 ans... Le dimanche 7 décembre 1941. Les Japonais attaquent Pearl Harbor.

"Air raid Pearl Harbor. This is not a drill".

 

Le dimanche 7 décembre 1941, au petit matin, des nuées d'avions japonais attaquent par surprise la flotte de guerre américaine à Pearl Harbor, sur l'île d'Oahu, dans l'archipel des Hawaï. Trois heures plus tard, le gouvernement japonais transmet à son homologue américain une déclaration de guerre en bonne et due forme.

Fuite en avant

L'attaque a été programmée par l'amiral de la flotte impériale, Isoroku Yamamoto, sur ordre du général Hideki Tojo, Premier ministre depuis le 16 octobre 1941.

Pour poursuivre la conquête de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, l'amiral a compris qu'il était nécessaire de neutraliser la puissance américaine par la destruction préventive de sa flotte. C'est ainsi qu'il a mis sur pied le « plan Z » en vue d'attaquer Pearl Harbor, en plein océan Pacifique, à 5500 km des côtes japonaises.

Les pilotes de l'aéronavale ont subi un long entraînement dans le plus grand secret. Leurs avions ont été équipés de torpilles spéciales, capables de plonger dans les eaux très peu profondes de la base américaine.

Le 25 novembre, la flotte nippone rassemblée dans les ports de l'archipel des Kouriles lève l'ancre et se dirige vers l'est. Elle compte un total de 32 navires (y compris des pétroliers), dont 6 porte-avions avec 353 avions, deux cuirassés, deux croiseurs lourds, onze contre-torpilleurs. Elle compte aussi 27 sous-marins.

Le 4 décembre, la flotte bifurque au sud, vers Hawaï, où l'état-major américain n'a jamais imaginé qu'une attaque pourrait venir du nord. La flotte se laisse guider par la musique de jazz de la radio de Honolulu. C'est ainsi qu'elle peut s'approcher à 500 km de l'archipel sans être repérée par les radars. Le code de déclenchement de l'attaque est « Tora, Tora, Tora » (Tigre en japonais).

 

Les 183 avions de la première vague d'assaut piquent vers les navires rangés dans la rade (90 au total !), en volant entre dix et quarante mètres au-dessus des vagues. Les premières torpilles frappent à 7h40. À cette heure-là, ainsi que le savent les Japonais, la surveillance radar a été suspendue depuis déjà 40 minutes, pour cause de jour chômé. Les Américains vaquent aux occupations de routine d'un dimanche matin.

La plupart des officiers sont à terre et ne comprennent pas ce qui se passe jusqu'à ce que circule un message : « Raid aérien sur Pearl Harbor. Ce n'est pas un exercice ».

 

Une deuxième et dernière vague de 137 avions frappe la base à 9h 45. En deux heures, les Japonais auront détruit ou endommagé huit cuirassés ainsi que 3 croiseurs, 3 destroyers et 4 navires auxiliaires.

188 avions ont été aussi détruits. Au total 2403 marins américains ont été tués. Du côté des assaillants, les pertes sont très faibles (29 avions, 55 tués).

Fort heureusement, les trois porte-avions affectés à la flotte du Pacifique ne sont pas présents sur les lieux et échappent de ce fait à de graves dommages. Deux se trouvaient dans les environs : l'Enterprise, qui livrait des avions à l'île de Wake, et le Lexington, qui était en route pour Midway pour la même raison.

Le troisième, le Saratoga était, lui, aux États-Unis, à San Diego, pour réparations. D'autre part, six des huit cuirassés attaqués seront rapidement remis en service. La contribution de ces bâtiments à la riposte américaine sera essentielle.

 

La guerre devient mondiale

Avec l'attaque de Pearl Harbor, le conflit qui avait éclaté en Europe deux ans plus tôt à l'initiative de Hitler devient véritablement mondial.

Depuis plusieurs mois déjà, le président Franklin Roosevelt tentait de rallier les pacifistes et les isolationnistes de son pays (tel le pilote Charles Lindbergh) à une guerre contre l'Axe tripartite germano-italo-japonais. Il soutenait activement les Anglais et les Soviétiques, seuls en lutte contre Hitler. Il multipliait aussi les provocations contre les Allemands mais Hitler se gardait bien d'y répondre.

Aussitôt après Pearl Harbor, une union sacrée se forme aux États-Unis et le Congrès déclare la guerre au Japon. Trois jours plus tard, l'Allemagne et l'Italie, alliées du Japon, déclarent à leur tour - mais à contrecoeur - la guerre aux États-Unis.

Les États-Unis sont entraînés à leur corps défendant dans une guerre sur deux fronts, en Europe contre l'Allemagne et dans le Pacifique contre le Japon. Roosevelt sait que les Japonais n'ont pas la capacité de résister durablement et sont voués à perdre la guerre. Il n'en va pas de même des Allemands. Dès le début de 1942, le président américain choisit de porter l'essentiel de ses efforts sur le front européen, au grand soulagement de Churchill et de Staline.

 

 

 
Roosevelt savait-il ?

Les Japonais sont coutumiers de l'entrée en guerre par une attaque surprise et sans déclaration préalable. En 1904, ils ont ainsi attaqué la base russe de Port-Arthur, en Chine du nord. Dans les années 1930, le général Tojo et l'empereur Showa (Hiro Hito) ont de même envahi la Mandchourie puis agressé la Chine.

A l'automne 1941, le Japon affiche l'ambition de créer en Asie et dans le Pacifique une « sphère de coprospérité » à sa dévotion. Les responsables américains s'attendent donc à une attaque de leur part. Mais aucun ne sait quelle base du Pacifique en fera les frais : Guam ? Les Philippines ? Pearl Harbor ?

Le président Franklin Delano Roosevelt n'est pas en mesure d'empêcher cette attaque japonaise sauf à désarmer toutes ses bases de l'océan Pacifique et à lever le drapeau blanc.

Eût-il connu à l'avance l'objectif visé qu'il ne lui aurait servi à rien de le protéger. S'il l'avait fait, les Japonais auraient changé de plan au dernier moment et attaqué une autre base.

On peut raisonnablement penser que le président soupçonnait une attaque sur Pearl Harbor et qu'il a voulu limiter la casse en laissant quelques cuirassés et surtout les porte-avions quitter le port dans les jours précédents.

L'amiral Kimmel, commandant en chef de la flotte américaine du Pacifique, limogé trois mois après l'attaque, n'en a pas moins prétendu pour sa défense que celle-ci faisait partie d'un plan machiavélique de Roosevelt désireux d'entraîner le pays dans la guerre contre l'Axe germano-italo-japonais.

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