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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte pour le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

2 décembre, la fête des Saint-Cyriens

Pour les Saint-Cyriens, le 2 décembre n'est pas une date comme les autres. Chaque année, depuis le Second Empire, les élèves rendent hommage au père de l'école, Napoléon, au travers de la reconstitution de la célèbre  bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805, une des plus belles victoires de l'armée de Terre. Si les grands temps de la manoeuvre de l'Empereur sont respectés, les élèves ont aussi pris pour habitude de ponctuer la reconstitution de "Perches" et autres blagues de potaches.

Austerlitz (aujourd’hui Slavkov u Burna) est une petite bourgade de la république tchèque de 6 600 habitants. Elle fut le témoin, il y a 212 ans, de l’écrasante victoire de l’armée impériale sur les forces austro-russes de l’Empereur François II du Saint- Empire et de l’empereur russe Alexandre 1er . Dans la tradition saint-cyrienne, cette date est devenue mythique et chaque officier saint-cyrien, où qu’il se trouve, aura à cœur, ce jour-là, de célébrer l’événement autour d’un coupe de champagne… et parfois même au fond d’un poste de combat, en OPEX, avec les moyens du bord.

 

De la bataille de polochons à la reconstitution historique

À « la spéciale », la tradition de fêter le 2S remonte au second empire. Chaque 2 décembre, une rude bataille de polochons se déroulait dans les dortoirs tandis que l’on entassait les matelas, parfois à hauteur de plafond, pour constituer les retranchements. Dans son ouvrage dédié à Saint-Cyr, Eugène Titeux précise que «… bidons et gamelles servaient d’instruments pour battre la charge et les élèves, en chemise, armés de traversins et de sacs à linge, se livraient des combats homériques, pendant que de grands bruits de planches imitaient les détonations d’artillerie. Cet affreux vacarme s’accomplissait dans l’obscurité la plus profonde, tous les becs de gaz ayant été prudemment éteints… ».

Par la suite, la tradition fut conservée mais, soucieux sans doute de donner plus de panache à l’événement, les élèves organisèrent une véritable reconstitution de la bataille sur le Marchfeld. Dans les années 50, on décide d’accroitre le réalisme en se portant sur le terrain. À Coëtquidan, un endroit bien spécifique fut choisi, caractérisé par un petit plateau aussitôt surnommé « Pratzen », nom du vrai plateau constituant un point clé du champ de bataille. L’idée a fait son chemin puisque sur les cartes d’état-major de l’IGN, le lieu-dit porte ce nom tout à fait officiellement.

 

Pourquoi « 2S » ?

Les Saint-Cyriens ont adopté un calendrier basé sur le mot AUSTERLITZ. La lettre A désigne le mois d’octobre, U novembre et ainsi de suite jusqu’à la lettre Z pour le mois de juillet. Août et septembre ne sont pas comptés car ce sont les mois de permission. Le 2S désigne donc le 2 décembre. L’année zéro commence arbitrairement en 1805 (date de la bataille d’Austerlitz) de sorte que dans le langage Saint-cyrien, on ne parle pas du 2 décembre 2017 mais du 2S 212.

Le réalisme, jusque dans les moindres détails…

Même si les archives météorologiques rapportent que le 2 décembre 1805 à Austerlitz, il faisait à peine plus de 5° et qu’il pleuvait, la légende retiendra le soleil d’Austerlitz sans doute parce que la victoire était éclatante. Là encore, nos élèves ont fait merveille puisque la température sur Coëtquidan était de 8° et que le désormais célèbre soleil était au rendez-vous.

 

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