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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

24 avril 1800. Fondation de la Bibliothèque du Congrès à Washington.

C'est la bibliothèque la plus importante du monde.

J'y ai eu souvent recours pour mes recherches dans l'affaire Seznec.

Et j'ai souvent utilisé sur leur site "Ask a Librarian"...

Ce qui impliquait une réponse de leur part entre 24 et 48 heures.

Ils m'ont envoyé gratuitement at home (Washington/Nogent-le-Roi) les pages du livre "Cadillac Participation in the World War"

Et aussi un énorme dossier sur Camille Chautemps lors de sa période américaine.

Les chercheurs sont vifs, aimables, et pointus.

Retour sur la fondation de la Library of Congress.

Liliane Langellier

1/ Histoire

La bibliothèque du Congrès est fondée le 24 avril 1800 par le président John Adams en même temps que le transfert du siège du gouvernement de Philadelphie à Washington, DC. La loi instituant la Bibliothèque accorde 5 000 $ pour acheter des livres qui seront utiles au Congrès des États-Unis. La première collection est constituée de 740 livres et trois cartes qui sont achetés à Londres et arrivent aux États-Unis en 1801.

C'est le Président Thomas Jefferson qui signe, le 26 janvier 1802, la loi établissant le rôle et les fonctions de cette nouvelle institution. Dorénavant, à la tête de la bibliothèque se trouve un Bibliothécaire du Congrès qui est nommé par le Président. Le budget et les différents règlements sont du ressort du Congrès à travers le Comité mixte de la Bibliothèque. L'emprunt des livres est accordé au Président et à son Vice-Président et avec le temps est étendu aux membres de diverses institutions fédérales .

Ce n'est pas uniquement sur le plan légal que Thomas Jefferson a été un personnage important dans l'histoire de la Bibliothèque du Congrès. Il s'est particulièrement investi dans la vie de cette institution car il considérait que la raison était un aspect important de toute société démocratique et à ce titre possédait une vaste collection de livres. Durant sa présidence, il a lui-même recommandé à la Bibliothèque d'acheter certains livres. Lorsque les troupes britanniques envahissent Washington et brûlent le Capitole et les 3 000 ouvrages qui s'y trouvaient, il propose de vendre à la Bibliothèque sa collection personnelle composée de 6 487 livres. Cet achat est accepté en 1815 pour la somme de 23 940 $
Non content de doubler le nombre d'ouvrages, cet achat étend également les sujets couverts par la Bibliothèque et couvre non seulement le droit, l'économie et l'Histoire comme dans la précédente collection, mais également d'autres thèmes comme l'architecture, l'art, la science, la littérature et la géographie. Cette nouvelle collection ne contient pas uniquement des livres en anglais, mais également en français, espagnol, allemand, latin, grec ou encore russe.

Durant le début des années 1850 le bibliothécaire du Smithsonian, Charles Coffin Jewett, tente de faire de cette institution la bibliothèque nationale des États-Unis. Mais cette volonté est contrecarrée par le secrétaire du Smithsonian, Joseph Henry, qui désire que son institution se recentre sur la recherche scientifique et la publication. Il considère également que le rôle de bibliothèque nationale devrait revenir à la Bibliothèque du Congrès. Le 10 juillet 1854, Henry renvoie Jewett et met ainsi fin à la possibilité du Smithsonian de devenir la bibliothèque nationale des États-Unis et en 1866, les 40 000 ouvrages du Smithsonian sont transférés à la Bibliothèque du Congrès.

La rivalité entre le nord et le sud qui précède la Guerre de Sécession fait obstacle au développement de toute institution fédérale et est à ce titre une période difficile pour la Bibliothèque du Congrès. Pour ne rien arranger, un important incendie se déclare fin 1851, détruisant les deux tiers des 55 000 ouvrages et incluant les deux tiers de ceux qui ont appartenu à Thomas Jefferson. La somme de 168 700 $ est allouée pour remplacer les livres détruits, mais rien n'est fait pour accroître la collection, ce qui s'inscrit dans la politique conservatrice du bibliothécaire de l'époque, John Silva Meehan et du président de la commission mixte, le sénateur James Pearce, qui préfèrent limiter les activité de la bibliothèque .

C'est en 1870 qu'elle devient dépôt légal aux États-Unis. En 1897, elle intègre le Thomas Jefferson Building. Elle est agrandie en 1939 avec la construction du John Adams Building et en 1980 avec le James Madison Memorial Building.

La bibliothèque fut marquée par deux bibliothècaires : Ainsworth Rand Spofford (1864-1897) et Herbert Putnam (1899-1939). Ils sont directement nommés par le Président.

Au fil des années, elle a enrichi sa collection au point de dépasser en nombre d'ouvrages les collections situées en Europe.

Fin novembre 2005, la bibliothèque a annoncé le lancement futur du projet World Digital Library, visant à préserver sous forme numérique les livres et autres médias des diverses cultures mondiales.

En janvier 2006, son bibliothécaire (The Librarian of Congress) est le docteur James H. Billington. Il a été nommé par le Président Ronald Reagan en avril 1987 et est à ce titre le 13e bibliothécaire du Congrès.

2/ Description

Avec plus de 138 millions de documents en 2007, elle est la plus importante du monde et également la plus vieille institution fédérale aux États-Unis. La bibliothèque est répartie sur trois bâtiments, tous à Washington :

* le Thomas Jefferson Building
* le John Adams Building
* le James Madison Memorial Building

En 2007, ses ressources financières étaient de 600 millions de dollars. Environ 3 700 employés permanents travaillent dans les 350 000 m² de la bibliothèque et 850 km de rayonnages sont destinés au savoir universel.

En 2007 sa collection comprend notamment :

* 32,2 millions de livres et autres imprimés (trois fois les réserves de la Bibliothèque nationale de France)
* 61,4 millions de manuscrits
* 12,5 millions de photographies
* 5,3 millions de plans et de cartes
* 5,5 millions de disques


Son système de classification s'impose dans le monde malgré des imperfections. Le caractère très volumineux de son catalogue, l'importance de ses moyens financiers et le professionnalisme de ses équipes sont reconnus. Mais ils ne l'empêchent pas d'avoir de sérieuses carences, notoires dans les sphères bibliophiliques. Autant elle est remarquable pour tout ce qui concerne les Amériques, l'Europe et les sciences politiques, autant ses faiblesses apparaissent rapidement dès qu'il s'agit de l'Orient ou du Proche-Orient.

Par manque de place, elle développe une vaste campagne de numérisation de ses documents. Elle mène des recherches sur la conservation de ceux-ci et applique en ce moment d'importants moyens à la désacidification du papier de bois produit au XIXe siècle.



3/ Ses trésors

Des éditions rares d'auteurs grecs (Hérodote...), latins (Lucrèce...), de la Renaissance (Copernic, Vésale, Vasari) et français (Descartes, Bossuet, Montesquieu, entre autres) y sont présentes. Les historiens peuvent y trouver des manuscrits médiévaux comme les Institutes (XIIIe siècle), le Grand Coutumier de Normandie illustré (vers 1500).

Elle conserve la plus grande collection occidentale d'incunables. En particulier une des 48 Bibles de Gutenberg imprimée en 1454-1455 et une des quatre en parfait vélin et acheté en 1930 plus de 600 000 $. Est également présente la première édition complète de l'Encyclopédie de Diderot.

 

 

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