Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.400 articles.

Mylène Demongeot. Tiroirs secrets.

Les femmes croient que l'amour mène le monde… c'est dire à quel point leur cerveau est dérangé.
Rainer Werner Fassbinder

Ce livre avait été conseillé par Henry-Jean Servat sur Télématin.

Il y a environ un an.

J'avais retenu les anecdotes sur le couple Montand/Signoret.

Je l'avais acheté.

Puis sagement rangé dans ma PAL.

Et voilà qu'hier…

J'apprends que Laurent Delahousse va nous parler du mythique couple Montand/Signoret dans son émission  13 h 15 le dimanche.

Vite fait. Bien fait.

Le livre est lu.

Ce que j'en pense ?

C'est comme une agréable conversation avec une copine autour d'un thé et de cookies...

Rien de plus.

Rien de moins.

Mais j'ai aimé le chapitre où Mylène nous parle du tournage des Sorcières de Salem.

Et ses anecdotes à elle sur le couple mythique…

En 1956, quand Mylène tourne donc  "Les sorcières", elle a tout juste 20 ans.

Et c'est déjà son 7ème film.

C'est un beau brin de fille.

Une jolie petite blonde bien pulpeuse.

Alors, c'est sûr, ça ne va pas se passer comme ça avec Simone.

Signoret n'est pas bien vieille, elle a juste 35 ans.

Mais Montand est cavaleur.

Très.

Et toutes ces petites sorcières blondes l'escagassent.

Retour sur le chapitre 7 du livre de Mylène.

Toute l'équipe part tourner aux Studios de Babelsberg en Allemagne de l'Est.

Le tournage est dur.

Très dur.

"Sur le plateau, j'ai l'impression très nette que Signoret est jalouse des petites sorcières que nous sommes… Elle surveille bien que nous tournions sans un brin de maquillage, allant même un jour, et, là, je parle de moi, jusqu'à cracher dans son gros tablier de toile bise et me frotter vigoureusement la figure devant tout le monde en prétextant que je me suis mis du noir sur les yeux et du fond de teint en cachette… Que je suis une tricheuse...

- Tu t'es maquillée, salope !

Il n'y a rien sur son tablier mais j'en pleure tout de même d'humiliation."

Est-il utile de préciser que Mylène était accompagnée sur ce tournage de son fiancé, Henry Coste ?

Montand, quant à lui, ne renonce à aucuns plaisirs.

"Toutes ces jeunettes que nous étions et auxquelles Montand était loin d'être insensible l'énervaient particulièrement, c'est sûr. Je crois même qu'il s'en est culbuté quelques-unes derrière les décors… Même qu'un jour un pan du décor un peu trop remué s'écroula. Tous ceux qui étaient sur le plateau à ce moment-là l'ont trouvé en pleine action. ça a fait rigoler tout le monde le soir à l'heure du dîner…"

Le metteur-en-scène, Raymond Rouleau, conscient du fait, en rajoute.

"Je me rappelle de la scène où Proctor-Montand, alors que sa femme vient de se refuser à lui, monte rejoindre Abigaïl (moi) dans son grenier. N'en pouvant plus, torturé par un désir fulgurant, il se couche sur elle qui n'espère que ça, et met sa grosse main sur son sein dénudé (mais mon sein est recouvert par sa main, on ne voit rien que mon visage et mes lèvres gonflées, humides de désir !) Elisabeth Proctor-Signoret entre et les voit. Nous nous regardons. Malaise général. Elle tourne les talons et s'en va sans dire un mot.

Pour tourner cette scène, c'est simple : champ-contrechamp. C'est-à-dire la caméra sur nous et ensuite la caméra sur elle.

Aucune nécessité donc qu'elle soit là, que cette femme jalouse reste présente durant la scène… Et bien, Rouleau l'a laissée des heures entières derrière la porte fermée du grenier alors que Montand et moi nous roulions l'un sur l'autre avec une apparente volupté.

(…)

A demi écrasée, je pouvais à peine respirer et je sentais la présence de Simone derrière la porte. C'était gênant, pénible pour moi de jouer la folle excitée en la sentant présente, en la sachant en train de souffrir. J'en voulais à Rouleau d'être aussi cruel. Quand la scène a été en boîte, je me suis sentie terriblement soulagée."

L'épisode du caviar…

"Est-ce que je vous raconte l'épisode du caviar ? Vous risquez de ne pas me croire. (…)

Un dimanche, Yves et Simone vont déjeuner à l'ambassade de Russie et reviennent tard dans l'après-midi avec, une grosse boîte de cinq kilos de caviar qu'on leur a offerte. Simone crie à la cantonade :

- Ce soir, caviar, les enfants ! Tout le monde à sept heures, à la cuisine !

A sept heures donc, dociles, tout le monde descend (…)

Simone est dans la cuisine, en jean et diamants, bracelets et bagues, devant une balance à l'ancienne avec des poids. Elle tient dans sa main une grosse cuillère qu'elle plonge dans la boîte de caviar ouverte. Chacun de nous tend son assiette à Simone, qui l'installe sur la balance, la pèse, dépose une cuillère de caviar, la pèse à nouveau et annonce : "ça fait deux marks !" "Pour toi, il y en a pour deux marks cinquante…" Ainsi de suite ...

Nous nous regardons éberlués. Claude a envie de rire. Je ne me souviens pas si Montand était là… Si. Sûrement. Bon. On paie. Merci Simone, il est très bon ton caviar, un peu salé peut-être, ça ne vaut pas le caviar iranien, mais tout de même…"

Et puis, une fois le film dans la boîte…

"Arrive le grand jour de la première projection privée.

Toute l'équipe du film est là, plus d'autres gens que je ne connais pas. Une cinquantaine de personnes. Signoret et Montand sont plutôt distants avec moi… Ils m'ignorent, assis tout à l'avant. Bon. Je me fais toute petite et m'assieds loin derrière, tout au fond de la salle. Noir. Le film commence. Je suis si émue que je n'arrive pas à entrer dans l'histoire. ça me paraît fort. Un peu théâtral.

La photo en noir et blanc de Claude Renoir est magnifique. Il y a des plans où je me trouve impressionnante… Des scènes qui me semblent réussies.

La lumière se rallume dans la salle silencieuse. Qui attend. Et c'est alors que la voix de Simone s'élève. Elle m'est destinée :

- Eh bien, mon petit ! Tu pourras toujours faire des ménages...

Elle m'a asséné le coup de grâce. Je suis morte. Je quitte la salle en rasant les murs en me retenant pour ne pas fondre en larmes devant tout le monde. Allons, ma fille, contrôle-toi ! Pleurer ce sera pour plus tard…"

Mais comme on est toujours puni par où on a péché...

Le lendemain, toute la presse ne titre que sur Mylène, la révélation, le nouveau visage.

Voilà...

L'émission de Laurent Delahousse nous a parlé de la liaison de Montand et de Marilyn.

Mais il y en eût tant d'autres.

Un oubli aussi ?

Oui, celui de nous dire que, c'est grâce à l'actrice Corinne Luchaire que Simone Kaminker (Signoret) obtint son premier poste de secrétaire auprès de Jean Luchaire.

Le célèbre collaborationniste.

Liliane Langellier

 

Le livre de Mylène Demongeot.

Le livre de Mylène Demongeot.

Les sorcières de Salem. L'affiche.

Les sorcières de Salem. L'affiche.

Les sorcières de Salem. Mylène Demongeot.

Les sorcières de Salem. Mylène Demongeot.

Les sorcières de Salem. La scène avec Montand.

Les sorcières de Salem. La scène avec Montand.

Les sorcières de Salem.

Les sorcières de Salem.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article