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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Martine Monteil. Flic, tout simplement.

Le chef est celui qui prend tout en charge. Il dit : "J'ai été battu". Il ne dit pas "Mes soldats ont été battus."
Antoine de Saint-Exupéry. Pilote de guerre.

C'est en lisant le livre de Patricia Tourancheau "Le 36".......

Que l'envie m'est venue d'en lire plein d'autres.

Un bel appétit, signe d'une bonne santé, me direz-vous....

Sans doute.

Parmi le "plein d'autres" se trouvait en tête le livre de Martine Monteil : "Flic, tout simplement".

A une période du #metoo et du stop aux violences conjugales orchestré par Murielle Robin...

A une période où la secrétaire d'Etat à l'Egalité Hommes Femmes, l'opportuniste Marlène Schiappa, est loin de faire l'unanimité...

Et encore plus loin d'avoir la classe et l'intellect d'une Françoise Giroud.........

Retour sur un livre que toute femme (et les hommes aussi) devraient lire....

............... 

"Depuis longtemps, elle est « la première ». Première femme à prendre la tête de la police judiciaire, Martine Monteil a d'abord été première de sa promotion de commissaires, puis la première femme à la tête de la prestigieuse brigade criminelle, ou encore la première femme à la direction de la PJ parisienne. Nommée hier en conseil des ministres directeur central de la police judiciaire (DCPJ), elle succède à Gérard Girel, qui doit partir à la retraite le 4 novembre.

Licenciée en droit, diplômée de l'Institut de criminologie et de l'École nationale de police de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (1976-1978), Martine Monteil a été commissaire principale en 1986 et commissaire divisionnaire en 1991. Petite-fille, fille et épouse de policier, elle a effectué toute sa carrière à la PJ parisienne : avant de diriger le fameux « 36, quai des Orfèvres », l'une des grandes directions de la préfecture de police de Paris, elle a occupé des postes sensibles, comme la tête de la « Crime » - la brigade criminelle -, ou celle de la brigade de répression du proxénétisme, l'ex-« mondaine ». Elle a également été sous-chef de la brigade des stupéfiants et du proxénétisme. Côtoyant ainsi tous les univers de la police, la nouvelle « patronne » de la PJ a ainsi pu, tout au long de sa carrière, se frotter aux plus grands dossiers : la fermeture des allées du Bois de Boulogne afin de lutter contre la prostitution, l'affaire Guy Georges, ou encore l'attentat terroriste de Port-Royal qui avait fait quatre morts en 1996.

L'une des toutes premières femmes médiatisées de la police, Martine Monteil, blonde, élégante et élancée, pose volontiers pour les magazines, toujours au côté de la même lampe montée sur un pistolet Lüger ayant appartenu à son père. Elle fut nommée « femme de l'année » en 1990 par le magazine féminin Biba. Il n'empêche. Aux dires de ceux qui la connaissent, Martine Monteil a gagné ses galons de patronne grâce à sa force de travail, remarquable, et non « pas sous les projecteurs ».

Promue par Dominique de Villepin, « Madame le commissaire » avait également été remarquée par Nicolas Sarkozy, qui l'avait nommée à la tête de la PJ parisienne en juillet 2002. Martine Monteil avait aussi été distinguée en 1995 par Jean-Louis Debré, quand celui-ci était l'hôte de Beauvau, ce dernier ne tarissant pas d'éloges sur elle. Hier, l'actuel ministre de l'intérieur lui a remis hier sa « feuille de route ». Elle comprend notamment la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et les trafics de drogue. La nouvelle patronne de la PJ devra également « renforcer l'homogénéité de l'état-major directionnel », « améliorer la synergie entre les services » et « améliorer la coordination des offices centraux ». Le ministre de l'intérieur lui a également demandé de rendre « systématique l'approche financière des enquêtes »."

Solenn de Royer. La Croix.

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Extraits du livre.

"Il faut dire que pour ma part, j'ai cumulé les inaugurations chronologiques. Première femme à la tête d'un commissariat,première à diriger la Brigade des stups, puis la Mondaine, puis la Brigade de répression du banditisme, puis la célèbre Crime, puis la Direction régionale de la Police judiciaire et enfin femme à être nommée directeur central de la PJ ; ça fait de beaux scoops, pour la presse comme pour la télévision."

La stagiaire

"Certes, en 1976, quand je suis reçue à Saint-Cyr, nous ne sommes pas nombreuses. Mais le pli est pris, le mouvement est en marche."

"Cela dit, les RGPP, le renseignement, ce n'est pas ma tasse de thé. Ma forme d'esprit ne s'y prête pas ou mal. Je préfère l'action au grand jour. Je veux être dans la rue. Je l'ai déjà dit : j'ai l'instinct du chasseur et c'est un autre gibier que j'envisage de traquer."

"Je n'oublierai pas la cérémonie qui a clos nos deux années de scolarité et au cours de laquelle nous avons reçu officiellement notre écharpe tricolore de commissaire. Mon père était présent .Il avait un mal fou à contenir sa fierté de me voir arrivée là. Nous étions tous en uniforme, c'est d'ailleurs l'une des rares fois  où je l'ai porté. Tous et "toutes", nous, les sept filles de la promo 1976-1978."

La commissaire

"J'ai vingt-six ans. Je m'installe dans les murs de la quatrième BT après être passée au "36", au bureau administratif où l'on reçoit son matériel : sa plaque, son arme, son sifflet, ses menottes et, ce qui aujourd'hui a disparu, sa clé d'avertisseur ou de bornes d'appel."

""Ce métier, tu vas l'apprendre sur le terrain,m'a dit mon père. Si tu es faite pour ça, les chose se feront naturellement..." Il a raison. Je n'ai pas l'intention de rester dans mon bureau à feuilleter les parapheurs."

"Flic, fille et petite-fille de flic (Mon grand-père était brigadier) et bientôt femme de flic ! Ce n'est pas courant. J'imagine la vie qui risque d'être la nôtre. Mais s'il y a des inconvénients, on aura au moins l'avantage de ne pas pouvoir se faire des reproches mutuels sur un boulot trop prenant ou trop dangereux."

Quai des Orfèvres

La Brigade des Stups

"Je vais tout savoir sur les drogues, leurs types, leurs formes, leur dangerosité, sur les trafics, sur les réseaux et les pays producteurs. Incollable."

"Je ne me contente pas de former les gardiens, je prêche aussi dans les écoles, les lycées et les hôpitaux."

"Tenues de rigueur. Le matin, tailleur et talons aiguilles. L'après-midi, jean-baskets, ma petite matraque dans la ceinture et mon Smith & Wesson body guard, 5 coups,2 pouces, dans l'étui. Petit, léger, ce revolver crache du 38 Spécial. Cela force le respect. Mon père me l'a rapporté des Etats-Unis. Je suis prête à parier que peu de filles ont reçu un tel cadeau de la part de leur géniteur."

"Comme à notre habitude, nous avions logé un trafiquant, fournisseur attitré des people de la capitale adeptes du sniff. (...) C'est ainsi qu'un jour, il nous mène tout droit rue du Cherche-Midi au domicile d'un écrivain à succès, amie du président Mitterand : Françoise Sagan."

"Ce que l'on pouvait craindre survient deux jours plus tard. Le passage de Françoise Sagan dans les bureaux de la Brigade des stups a "fuité". Gros titre à la une du Canard Enchaîné : "Bonjour camée...""

La Brigade mondaine

"La BRP, c'est le monde abject des proxénètes, de la nuit et des boîtes louches. C'est aussi le pré carré d'un certain nombre de spécialistes de la lutte contre le proxénétisme qui s'interrogent sur le fait q'une femme puisse mettre le nez dans leurs dossiers."

"La chair est faible et les tentations sont multiples dans ce milieu de la prostitution et des boîtes de nuit, des paillettes et de la fête. Il faut donc des policiers "équilibrés", bons maris e bons pères de famille, mieux armés pour résister aux chants des sirènes que ne le seraient de jeunes célibataires plus enclins à courir le guilledou."

"Côté policier, j'aurai droit à un petit bizutage. (...) Je la découvre placée bien en évidence sur un bureau. Il s'agit d'une cassette produite en Allemagne dont la jaquette représente une femme blonde, tout de cuir vêtue, apparemment adepte des pratiques sadomasochistes les plus pointues. Le titre ne laisse aucun doute sur les auteurs de la plaisanterie : Frau Doktor Monteil ! Je ne dirai pas que j'ai éclaté de rire. J'ai souri. C'était amplement suffisant."

Madame Claude

"Nous découvrons un élément qui nous chagrine autant qu'il nous intrigue.Systématiquement, Madame Claude envoie ses jeunes recrues chez un chirurgien esthétique. Aucune n'échappe au bistouri, qui pour un nez, qui pour les oreilles ou une culotte de cheval. Ces demoiselles ont pourtant une plastique à en faire pâlir plus d'une. C'est notamment le cas d'une danseuse du Crazy Horse Saloon ! Nous ne mettons guère de temps à comprendre : Madame Claude est en cheville avec le chirurgien. Il n'y a pas de petit profit."

La BRB

"La BRB est un univers à part. Contrairement à d'autres unités, les groupes y sont très différents et du coup très autonomes les uns par rapport aux autres. Les uns s'occupent de petits vols, d'autres de vols avec violence, d'autres encore ne traitent que les braquages. Certains travaillent sur enquête, d'autres d'initiative. Mais chaque groupe a cette particularité d'être parfaitement adapté à la lutte contre une forme spécifique du banditisme."

La Crime

"Lorsque je suis arrivée à la Crime, je savais que nous avions un tueur en série sur les bras."

"Il faut être policier pour savoir à quel point les témoignages sont fragiles. On peut avoir dix personnes ayant vu exactement la même scène et ne pas avoir deux récits concordants."

"Vers 14 heures, Guy Georges arrive au "36", encadré par les hommes du groupe Sanderson. (...) Dans un silence religieux, sans qu'aucune insulte ne fuse à aucun moment, des dizaines de policiers, debout sur les marches, appuyés contre le mur ou la rampe, le regardent gravir lentement les trois étages qui mènent à la Crime."

Lady Di

"Il est inutile de fantasmer sur l'implication éventuelle des services secrets de Sa Majesté. Je rappelle que la Mercedes empruntés par le couple n'était pas celle qu'ils devaient prendre. La voiture garée devant le Ritz était un leurre, l'autre était garée derrière l'hôtel, ainsi que le démontrent les vidéos. Personne ne pouvait être au courant de cette ruse."

Directeur régional de la Police judiciaire

"Je vais être nommée DRPJ, directeur régional de la Police judiciaire. La première femme à ce poste, encore...

Plus de deux mille cinq cents fonctionnaires ; six brigades centrales ; une sous-direction des Affaires économiques et financières, regroupant elle-même neuf brigades ; trois divisions de PJ et trois services départementaux de PJ ; des affaires lourdes ; des dossiers sensibles... cela donne le tournis."

 

Epilogue

"Pour ma part, j'ai eu une belle vie. De femme et de policier. Une vie d'une richesse inouïe. J'ai vécu une grande aventure humaine. J'en remercie Dieu, la chance et tous ceux et celles qui m'ont accompagnée.

Et aux femmes qui me liront, policiers ou pas, je n'ai qu'un conseil à donner : vivez votre existence, pleinement. Vivez votre mission, à fond, sans oublier - ni renier - votre condition féminine. En restant vous-même, toujours, vous n'emprunterez jamais le mauvais chemin. Parole de femme."

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No comment.

Liliane Langellier

Martine Monteil. Flic, tout simplement.
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