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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

Trois baisers de Katherine Pancol

« Partons, dans un baiser,

Pour un monde inconnu. »

Alfred de Musset

C’est la phrase en exergue du dernier roman de Katherine  Pancol : « Trois baisers »…

Oui, le 7ème volume de la saga familiale de Joséphine Plissonnier-Cortès.

Après les crocodiles, les tortues, les écureuils (6 millions d'exemplaires pour la trilogie), et surtout après les trois Muchachas (1,5 million d'exemplaires).

C’est le 7ème volume et le plus attachant.

C’est le 7ème volume et les personnages deviennent de moins en moins lisses, de moins en moins prévisibles.

C’est le 7ème volume et les personnages se rebellent et quittent leur carcan bourgeois.

Ils se rebellent et fautent…

Ce qui les rend infiniment humains.

Alors joyeuses, on parcourt à nouveau les aventures des 6 familles et de leurs 45 personnages...

Et puis, au beau milieu, Katherine, en bon professeur de littérature, nous envoie Zoé Cortès en hypokhâgne avec des dissertes à n’en plus finir sur Victor Hugo.

Pauvre Zoé qui hérite d’un sujet bien compliqué :

« Comment Victor Hugo a inventé, selon la formule célèbre de Mallarmé, « le charme certain du vers faux » ?

Inspirez-vous de la complainte de Quasimodo, amoureux de la belle Esmeralda qui n’a d’yeux que pour le séduisant Phébus.

Ne regarde pas la figure,

Regarde le cœur.

Le cœur d’un beau jeune homme est souvent difforme.

Il y a des cœurs où l’amour ne se conserve pas. »

Mais dans ce 7ème opus, Stella Valenti va faire une rencontre qui va élargir son horizon : Camille Grassin, homosexuel douloureux et persécuté, seul employé de la médiathèque de Saint-Chaland.

La vie de son fils Tom va en être changée.

Déjà que Junior lui a investi le cerveau en lui suggérant des vers d’Emily Dickinson :

« Le sujet c’était, « Vous parlez à la Lune ». On était là à se gratter la tête, à se manger les ongles, même la petite nouvelle qui d’habitude lâche des bombes en rédac mordait son stylo. Ça trifouillait dans les trousses, ça zippait, ça dézippait. Et puis… j’ai entendu une petite voix qui disait t’en fais pas, je vais t’aider… (…) Personne me regardait alors, je sais pas pourquoi, j’ai laissé mon stylo sur la feuille blanche et c’est parti. (…) La prof m’a mis vingt plus plus plus et me l’a rendue. (…)

« J’observais la Lune autour de la maison

Jusqu’à ce qu’elle s’arrête

Sur une vitre

Pour se reposer

Privilège des voyageurs… »

C’est donc en cherchant l’auteur du poème ("Dickinschose" lui répète Tom) soufflé par Junior que Stella va rencontrer Camille.

Et du coup l’univers de Tom va en être tout bouleversé.

Il va aller bien au-delà de la canadienne Goose, tellement mode, cet automne-là…

Tom qui rencontre dans son lycée l’étrange petite Dakota.

Si brune. Si menue. Si différente. Petite fille de riches, exilée de New-York.

Alors l’amour, le premier baiser avec la langue, et les poèmes…

Et puis Camille fait très fort quand il conseille à Stella le livre de Salinger « L’attrape-Cœurs ». Livre dans lequel le pré-ado se reconnait immédiatement…

L’attrape-cœurs, oui "L'attrape-coeurs", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents.

On ne pouvait trouver mieux.

Tandis qu’on s’instruit dur à Saint-Chaland...

A Paris une Hortense sur les nerfs prépare le premier défilé de sa première collection…

Gary, lui, pianote toujours, bloque sur l'interprétation de la Sonate en Sol majeur de Ravel et dérive un peu dans les rues de New-York…

Et puis il y a, il y a aussi, il y a surtout Adrian

Le superbe russe, le géant blond au mince sourire et aux yeux gris, compagnon de Stella qui va bien changer et bien surprendre son monde. Tout son monde.

Oui, oui, rassurez-vous, Léonie, la femme battue, reprend goût à la vie. Et se fait même courtiser par son ancien soupirant.

Julie Courtois, patronne de la ferraille, découvre, elle, la vraie personnalité de Jérôme son fiancé…

Oui, ils sont tous là.

Ils sont tous là et ils vous attendent en rangs serrés.

Et ne vous faites aucune illusion, vous ne les quitterez pas de sitôt !

Cette fois-ci, l’auteur a même prévu, en fin de son livre, un petit dictionnaire des principaux personnages. Pour que le lecteur ne s’égare pas dans le labyrinthe des noms.

Oui, le charme de Katherine Pancol , c’est bien de s’imprégner complètement de l’univers de ses personnages.

Cette fois, elle le dit : « Ecrire, c’est un travail de détective. Se fondre dans le décor pour mieux « voler ». J’ai trainé à la sortie des collèges, écouté les conversations des élèves, noté leurs phrases, leurs mots, la marque des blousons, des baskets, des téléphones, des chewing-gums. J’ai couru les ferrailles petites et grandes, les défilés de mode, les concerts. Suis allée en Russie, en Italie, en Ecosse, à Londres, à Rome, à New-York. Suis revenue bredouille ou pas. »

Katherine Pancol reste entre ses lignes, et en décrivant les pères de Dakota ou de Stella, la petite fille souffrante dans « Les hommes cruels ne courent pas les rues ».

Elle sait, comme personne, décrire l’accomplissement charnel, elle l’auteur de « Moi d’abord » et de « La barbare »...

Elle connait par cœur ses références littéraires comme dans « Un homme à distance ».

Katherine est tour à tour fée, conteuse, femme, enfant, maîtresse, mère…

Enfant surtout. Et elle le dit elle-même : "Il y a un côté formidable quand on invente des histoires, on reste dans l'enfance tout le temps."

Elle nous balade donc au gré de ses humeurs…

Et là, elle a bel et bien décidé de nous balader de baiser en baiser :

« Le baiser est signature de Dieu, empreinte et promesse d’amour. Il nourrit, il répare. Il se dépose sur la bouche, le nez, les joues et autres organes que Nous refusons de nommer, y laisse un film protecteur. Il soigne les humeurs, restaure la rate, le foie, le poumon, panse et éclaire l’âme, tourne le cœur vers un grand lac d’espoir. De la boue la plus noire, il fait jaillir la flamme. Ne ris pas du baiser ou tu seras DAMNE. Jeté dans les feux de l’Enfer. Reçois TROIS BAISERS d’amour vrai et tu seras sauvé. »

Oui, elle nous balade de baiser en baiser..

Elle nous balade et nous y prenons goût…

A peine commencé, ce livre de 855 pages ne se lâche pas un seul instant.

Car Katherine possède comme personne la magie du verbe.

Katherine est une dompteuse mots dans le grand cirque de la vie.

Et, dompteuse, elle nous invite à son grand cirque avec de si jolis fauves.

Un 7ème livre donc…

Et certainement le plus abouti et le plus passionnant de la saga de Joséphine Plissonnier-Cortès.

Liliane Langellier

"Trois baisers" Katherine Pancol chez Albin Michel (24,90 €)

 

Pour connaitre mieux Katherine Pancol lire sur ce blog :

« Un homme à distance »

« Les hommes cruels ne courent pas les rues »

Trois baisers de Katherine Pancol
"Un homme à distance" pièce de Didier Long. En tournée du 6 septembre au 31 décembre 2017.

"Un homme à distance" pièce de Didier Long. En tournée du 6 septembre au 31 décembre 2017.

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