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Chez Jeannette Fleurs

Poussez la porte et entrez donc dans le blog culturel de Liliane Langellier. Plus de 1.500 articles.

1925/1930. The New Yorker. Les articles de Janet Flanner sur Joséphine Baker...

She made her entry entirely nude except for a pink flamingo feather between her limbs...

Octobre 1925...

Joséphine Baker passe en première partie dans La Revue Nègre au théâtre des Champs-Elysées.

Le 21 novembre 1925...

Janet Flanner envoie une critique du spectacle dans le cadre de ses "Letters from Paris" du New Yorker.

Octobre 1930...

Joséphine Baker est engagée au Casino de Paris par Henri Varna. Qui lui achète un guépard nommé Chiquita.

Le 22 octobre, Janet Flanner lui fait de nouveau l'honneur de l'une de ses "Letters from Paris".

 

The New Yorker, November 21, 1925 P. 32

 

Precisely at the moment when black is being worn again, Josephine Baker's Colored Revue has arrived at the Champs Elysees Theatre and the result has been unanimous. Paris has never drawn a color line. Covarrubias did the sets, pink drops with cornucopias of hams and watermelons  and the Civil War did the rest, aided by Miss Baker. The premiere looked like one of the Count de Baummont's exclusive private parties, & began the smart theatrical season.  and the Civil War did the rest, aided by Miss Baker. The music is tuneless and stunningly orchestrated, and the end of the show is dull, but never Miss Baker's part. It was even less dull the first night shen she did what used to be, what indeed still should be called a stomach dance (later deleted.)

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Au moment où le noir se porte à nouveau, la Revue Colorée de Joséphine Baker débarque au Théâtre des Champs Elysées et le résultat est unanime. Paris n'a jamais tracé une frontière de couleur... La première ressemblait à l'une des soirées privées exclusives du comte de Baummont, et a commencé la saison théâtrale chic. Covarrubias a fait le décor, et la guerre civile a fait le reste, aidée par Miss Baker. La musique est sans mélodie et étonnamment orchestrée, et la fin du spectacle est terne, mais jamais de la part de Miss Baker. Ce fut encore moins ennuyeux la première nuit où elle fit ce qu'elle était, ce qu'on devrait encore appeler une danse du ventre (plus tard supprimée.)

She made her entry entirely nude except for a pink flamingo feather between her limbs ; She was being carried upside down and doing the split on the shoulder of a black giant. Midstage he paused, and with his long fingers holding her basket-wise around the waist, swung her in a slow cartwheel to the stage floor, where she stood, like his magnificent discarded burden, in an instant of complete silence. She was an unforgettable female ebony statue . . .

A scream of salutation spread through the audience. Whatever happened next was unimportant. The two specific elements had been established and were unforgettable —her magnificent dark body, a new model that to the French proved for the first time that black, was beautiful, and the acute response of the white masculine public in the capital, of the hedonism of all Europe' 

Within a half-hour of the final curtain on opening night, the news and meaning of her arrival had spread by the grapevine up to the cafes on the Champs-Elysees, where the witnesses of her triumph sat over their drinks excitedly repeating their report of what they had just seen - themselves insatiated in the retelling, the listeners hungry for further fantastic truths.

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 Elle a fait son entrée entièrement nue à l’exception d’une plume de flamant rose entre les cuisses. Un géant noir la porte sur son épaule, la tête en bas et en grand écart [Joe Alex]. Il s’est arrêté au milieu de la scène, et, de ses longs doigts lui enserrant la taille, lui fit faire lentement la roue sur la scène où elle se retrouva debout, comme un magnifique fardeau dont il se serait débarrassé dans un silence absolu. Une statue d’ébène inoubliable.
 

Un hurlement de salutation s'est propagé dans le public. Peu importe ce qui s'est passé ensuite. Les deux éléments spécifiques avaient été établis et étaient inoubliables : son magnifique corps sombre, un nouveau modèle qui prouvait aux Français pour la première fois que le noir était beau, et la réponse aiguë du public masculin blanc de la capitale, de l'hédonisme. de toute l'Europe.

Moins d'une demi-heure après le dernier rideau de la soirée d'ouverture, la nouvelle et le sens de son arrivée s'étaient propagés par la vigne jusqu'aux cafés des Champs-Elysées, où les témoins de son triomphe étaient assis autour de leurs boissons en répétant avec enthousiasme leur rapport de ce qu'ils venaient de voir - eux-mêmes insatiables dans le récit, aux auditeurs avides de nouvelles vérités fantastiques.
 

Paris, Oct. 22

If you can get away for a day or so, it might be a good plan to fly to Paris and spend the evening at Josephine Baker's new casino show. You would have plenty to think about on the return trip, for the revue contains someting of everything, including Pierre Meyer, and pratically no feathers and furs. It is, as much as the Folies' show, one of the best in years, is as full of staircases as a Freudian dream, has excellent imported British dancing choruses of both sexes, a complete Russian ballet, trained pigeons, a live cheetah, roller-skaters, the prettiest Venetian set of the century, a marvellous first-act finale, acres of fines costumes, the four best cancan dancers in captivity, a thriller in which Miss Baker is rescued from a typhoon by a gorilla, and an aerial ballet of heavy Italian ladies caroming about on wires. The show even contains long glimpses of the beautiful Baker - longer, certainly, that when she appeared as a headliner at the Folies, but all too brief compared with the hard-working tradition of the Casino, set by her venerable predecessor, Mistinguett.

Perhaps, however, enough is seen of Miss Baker in the present instance, for she has, alas, almost become a little lady. Her caramel-colored body which overnight become a legend in Europe is still magnificent, but it has becomed thinned, trained, almost civilized. Her voice, especially in the vo-deo-do's, is still a magic flute that hasn't yet heard of Mozart -though even that one fears, will come with time. There is a rumor that she wants to sing refined ballads ; one is surprised that she she does'nt ant to play Othello. On that lovely animal visage lies now a sad look, not of captivity, but of dawning intelligence.

At the Casino, beautifully costumed, staged, chorused, in a fair way to becoming what is called an artiste, she is far from that unknown chorus girl, selected by Miguel Covarrubias, who a few summers ago made her Paris debut carried in upside down "à poil," and doing the split. She is far from the banana-belt costume that made her the idol of Berlin, Barcelona, Budapest--but she is not far from being the Casino's dream girl. Mistinguett can now, though we hope she won't take things easy during her late sixties. For in Miss Baker the French revue has apparently finally found its new star.

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Si vous pouvez vous évader une journée ou deux, ce pourrait être un bon plan pour prendre l'avion pour Paris et passer la soirée au nouveau spectacle de casino de Joséphine Baker. Au retour, vous aurez de quoi réfléchir, car la revue contient un peu de tout, y compris Pierre Meyer, et pratiquement pas de plumes ni de fourrures. C'est, autant que le spectacle des Folies, l'un des meilleurs depuis des années, est aussi plein d'escaliers qu'un rêve freudien, a d'excellents chœurs de danses britanniques importés des deux sexes, un ballet russe entier, des pigeons dressés, un guépard vivant, des patineurs à roulettes, le plus beau décor vénitien du siècle, un merveilleux premier acte final, des hectares de beaux costumes, les quatre meilleurs danseurs de cancan en captivité, un thriller dans lequel Miss Baker est sauvée d'un typhon par un gorille, et un ballet léger de lourdes dames italiennes s'ébrouant sur des fils. Le spectacle contient même de longs aperçus de la belle Baker - plus longs, certes, que lorsqu'elle est apparue en tête d'affiche aux Folies, mais bien trop brefs par rapport à la tradition laborieuse du Casino, établie par son vénérable prédécesseur, Mistinguett.
 
Peut-être, cependant, est-il assez vu de Miss Baker dans le cas présent, car elle est, hélas, presque devenue une petite dame. Son corps couleur caramel devenu du jour au lendemain une légende en Europe est toujours aussi magnifique, mais il s'est affiné, dressé, presque civilisé. Sa voix, surtout dans les vo-deo-do, est encore une flûte enchantée qui n'a pas encore entendu parler de Mozart - même si on craint que cela vienne avec le temps. Il y a une rumeur qu'elle veut chanter des ballades raffinées ; on s'étonne qu'elle ne veuille pas jouer Othello. Sur ce beau visage animal se trouve maintenant un regard triste, non de captivité, mais d'intelligence naissante.

Au Casino, magnifiquement costumée, mise en scène, chorégraphiée, en passe de devenir ce qu'on appelle une artiste, elle est loin de cette fille de choeur inconnue, sélectionnée par Miguel Covarrubias, qui il y a quelques étés a fait ses débuts parisiens porté à l'envers "à poil", et faire le grand écart. Elle est loin du costume de ceinture banane qui a fait d'elle l'idole de Berlin, Barcelone, Budapest, mais elle n'est pas loin d'être la fille rêvée du Casino. Mistinguett peut maintenant, même si nous pensons qu'elle ne le fera pas, prendre les choses facilement à la fin de la soixantaine. Car en Miss Baker, la revue française a apparemment enfin trouvé sa nouvelle star.

 

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